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Après plus d'un mois de blocus humanitaire: «Nouvelle phase de famine» à Ghaza

par Mohamed Mehdi

Mercredi, 544e jour de l'agression sioniste et 32e jour de blocus humanitaire total, l'armée sioniste poursuit ses massacres contre la population civile de Ghaza.

Le nombre de victimes de la barbarie israélienne s'est élevé à 50.423 martyrs et 114.638 blessés, a indiqué, hier, le ministère de la Santé de Ghaza dans son rapport statistique quotidien. Selon les chiffres publiés précédemment, le nombre de victimes durant les trois premiers jours de l'Aïd al-Fitr (qui a débuté dimanche en Palestine) est de plus de 80 martyrs et plus de 300 blessés. En outre, depuis la reprise des bombardements sionistes sur Ghaza, le mardi 18 mars 2025, le nombre de victimes est passé à 1.066 martyrs, 2.597 blessés. L'UNICEF a estimé, dimanche dernier, que depuis la rupture du cessez-le-feu par l'entité sioniste, le nombre d'enfants victimes a atteint «322 morts et 609 blessés», «soit une moyenne quotidienne d'environ 100 enfants tués ou mutilés au cours des dix derniers jours». «La plupart de ces enfants ont été déplacés, s'abritant dans des tentes de fortune ou des maisons endommagées. Ces chiffres incluent les enfants qui auraient été tués ou blessés lorsque le service chirurgical de l'hôpital Al Nasser, dans le sud de Ghaza, a été touché lors d'une attaque le 23 mars», ajoute un communiqué de l'UNICEF.

Hier, l'armée d'occupation israélienne a bombardé plusieurs régions de Ghaza, du nord au sud, ciblant les personnes déplacées, en majorité des femmes et des enfants. Selon des sources médicales citées par Al Jazeera, le nombre de victimes, jusqu'à 16h (localement) était d'au moins 57 martyrs et des dizaines de blessés.

Parmi ces victimes, ceux du massacre commis à Jabaliya, dans le nord de l'enclave assiégée, contre une clinique de l'UNRWA, ciblée à plusieurs reprises durant les 17 mois de l'agression israélienne, et qui abritait des dizaines de familles. Le bilan provisoire, annoncé par le Bureau des médias du gouvernement, est de «22 martyrs, dont 16 enfants, femmes, personnes âgées, et des dizaines de blessés, dont des cas très graves». Le communiqué rappelle que depuis le début de l'agression barbare contre Ghaza, l'armée israélienne a «délibérément ciblé les installations médicales et les abris humanitaires», ajoutant que «228 centres de déplacement et d'hébergement» ont été déjà bombardés.

«Prendre pour cible une clinique médicale appartenant à une organisation des Nations Unies constitue un crime de guerre à part entière», ajoute le Bureau des médias qui considère que «l'administration américaine et les pays participant au génocide, comme le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France» sont tout aussi responsables de ces massacres. «Nous les tenons pleinement responsables des crimes de génocide et de nettoyage ethnique, et nous appelons tous les pays du monde à condamner ces crimes brutaux et à tenir ces pays pleinement responsables du bain de sang continu contre les civils dans la bande de Ghaza», poursuit la déclaration.

Israël exécute 14 secouristes palestiniens

Les corps des 14 secouristes de la Croix-Rouge palestinienne (PRCS) et de la Protection civile de Ghaza ont été retrouvés dimanche dernier, premier jour de l'Aïd al-Fitr en Palestine. Dans un communiqué décrivant les circonstances de leur disparition le dimanche 23 mars, la Direction générale de la défense civile a indiqué que leur équipe «s'était rendue le jour même à 5h30 du matin, accompagnée de l'équipe de l'ambulance du Croissant-Rouge, vers la zone de Tal Al-Sultan, en réponse aux appels à l'aide pour secourir les blessés et aider à évacuer les citoyens qui étaient coincés dans la zone de la «caserne de l'UNRWA» sous les balles et les tirs d'obus israéliens».

La déclaration précise que les secouristes étaient arrivés «vêtus de leurs vêtements et vestes oranges internationalement reconnus», et qu'ils se trouvaient à «bord d'un véhicule de lutte contre les incendies et de deux ambulances portant l'insigne de la Défense civile internationale». «Ces véhicules étaient codés avant cette guerre avec des numéros d'identification en coordination avec le Comité international de la Croix-Rouge, et la partie israélienne a reçu de la Croix-Rouge un rapport photographique professionnel qui comprenait tous les véhicules de la protection civile», ajoute le document.

«L'armée d'occupation les a tous exécutés de sang-froid», explique le communiqué qui souligne que «les corps de nos collègues ont été retrouvés huit jours plus tard, enterrés à environ 200 mètres de l'emplacement de leurs véhicules, qui ont également été détruits». «Certains des corps étaient menottés et des traces de balles étaient visibles sur la poitrine et la tête. L'un d'entre eux a été décapité, d'autres corps ont été coupés en morceaux», affirme encore la Protection civile de Ghaza.

La même source indique qu'un «rapport technique décrivant ce crime odieux», qui porte à 110 le nombre de secouristes de la Protection civile tombés en martyrs depuis octobre 2023, «sera adressé aux organisations et institutions des droits de l'homme et aux organismes internationaux concernés par le travail humanitaire».

Toutes les boulangeries de Ghaza fermées depuis hier

«En raison d'une pénurie de farine et de carburant, toutes les boulangeries de Ghaza sont fermées», a déclaré, mercredi, un responsable de l'Association des propriétaires de boulangeries.

«Toutes les boulangeries de la bande de Ghaza sont fermées aujourd'hui en raison d'une pénurie de farine et de diesel», a déclaré Abdenasser al-Ajrami, président de l'Association des propriétaires de boulangeries, ajoutant que le Programme alimentaire mondial (PAM), qui soutient 18 boulangeries de l'enclave, avait informé l'association, le jour même, que ses entrepôts étaient en rupture de farine, rapporte Al Jazeera.

« Les boulangeries cesseront de fonctionner tant que l'occupation n'ouvrira pas les points de passage et n'autorisera pas l'entrée des fournitures nécessaires. Nous appelons le monde à faire pression sur l'occupation pour qu'elle ouvre les points de passage afin d'empêcher l'aggravation de la famine dans la bande de Ghaza », a ajouté al-Ajrami.

Le PAM des Nations Unies a annoncé la fermeture de ses 25 boulangeries dans l'enclave, invoquant le manque de farine et de carburant. «Les repas chauds continuent d'être distribués, mais les stocks dureront deux semaines. Le PAM distribuera ses derniers colis alimentaires dans les deux prochains jours», a déclaré Abeer Etefa, chargée de communication du PAM pour le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et l'Europe de l'Est, citée par CNN. De son côté, le directeur du réseau des ONG palestiniennes, Amjad Shawa, a déclaré que des «signes de la faim sont clairement visibles sur les visages des enfants de la bande de Ghaza».

Dans un compte rendu publié par Al Jazeera, M. Shawa a fait état d'une «catastrophe humanitaire sans précédent dans l'enclave». «Israël cherche systématiquement à nuire à la vie des citoyens de Ghaza. Interdire l'accès à l'eau, à la nourriture et aux médicaments à la population constitue une violation flagrante des lois internationales, et la communauté internationale doit agir».