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![]() ![]() ![]() Une baisse de tension annoncée dès avril: Pourquoi le prix de la pomme de terre a-t-il grimpé ?
par M. Aziza ![]() Après les bananes, c'est au
tour, aujourd'hui, d'un aliment de base « la patate » qui a vu son prix grimper
de façon inquiétante passant de 130 da le kilo à 150 da, voire plus dans
certaines régions du pays. Les prix commencent cependant à être, de nouveau,
tirés vers le bas.
Les autorités se sont engagées dans une véritable guerre contre les spéculateurs pour justement réguler le marché. Mais selon certains spécialistes de la filière, le problème ne trouve pas son origine uniquement dans le phénomène de la spéculation, mais aussi en raison d'une faible production en cette période « hors saison » et du fait de la rareté de la pluie notamment à l'ouest du pays. Sachant que la pomme de terre nécessite beaucoup d'eau. Contacté par nos soins, Farouk Slimani, spécialiste dans le développement de la filière pomme de terre, a affirmé que nous sommes actuellement dans une « période creuse où la production est naturellement faible » qualifiant ainsi la période d'« assez difficile ». Et de préciser que « le recours aux stocks, maintenant au profit des grandes villes, pourra entraîner une baisse légère des les prix ». Il revient pour dire que nous sommes dans une période difficile. « Chaque année, du 15 mars à fin-avril nous faisons face à une faible production », dit-il. Et d'ajouter que même la production de la pomme de terre primeur qui se fait essentiellement pendant les mois de février, mars et avril est relativement faible. Précisant qu'avant la culture de primeurs était importante et faisait la jonction entre la saison et l'arrière-saison. Habituellement certains agriculteurs, explique-t-il encore, cultivent des pommes de terre en cette période, sur de petites surfaces de 4 à 5 ha, mais actuellement pour un problème de rentabilité, ces agriculteurs ont abandonné cette culture. Ce qui est, dit-il, derrière ce problème de baisse de la production en cette période « creuse ». M. Slimani plaide pour le recours au stocks, pour atténuer la tension, en attendant les mois d'avril et mai, avec l'entrée sur le marché des récoltes des wilayas de Mostaganem, Mascara et Ain Defla « où on aura une régulation des prix assez naturelle ». Le spécialiste en développement agricole et ingénieur agronome, Ahmed Malha, a affirmé dans une déclaration faite au « Le Quotidien d'Oran » que cette envolée des prix de la pomme de terre est assez préoccupante. Mais, il relativise en affirmant que les choses vont certainement s'arranger avec l'entrée sur le marché de la pomme de terre saison de Mostaganem qui se fera dans quelques jours. M. Melha a affirmé, par ailleurs, qu'il ne faut pas négliger le facteur de la rareté de la pluviométrie dans l'ouest du pays où les superficies de la culture de la pomme terre ont connu une certaine restriction en raison de la rareté des eaux. Sans parler du prix de la semence qui est assez élevé. M. Malha a également ouvert une parenthèse sur notre mode de consommation, notamment par le fait que la pomme de terre demeure une denrée essentielle dans l'alimentation des Algériens. Et d'affirmer qu'après le Ramadhan, avec la réouverture des restaurants et les fast-foods, l'on va connaître une nette reprise de la consommation de la patate, d'où la nécessité de recourir à la pomme de terre stockée. L'Association «El Aman» exprime sa préoccupation L'Association nationale pour la protection des consommateurs « El-Aman » a exprimé , à travers un communiqué rendu public, sa profonde préoccupation face à l'augmentation des prix des fruits et légumes essentiels pendant ce mois sacré, impactant directement le pouvoir d'achat des citoyens. Et ce, en dépit des efforts déployés par les Autorités pour assurer la stabilité de l'approvisionnement et la réduction des prix des produits de base. La dite association a ainsi appelé les autorités à mettre en place les actions légales, entre autres, la planification et l'anticipation en adoptant des stratégies fondées sur des études scientifiques pour équilibrer l'offre et la demande et éviter les crises actuelles. Et de préconiser la modernisation du secteur de la distribution. Et ce, en encourageant les investissements dans les grandes surfaces modernes pour renforcer la fidélité, garantir la transparence et proposer des produits à des prix justes. Ainsi que le développement de plateformes électroniques qui permettent de suivre, en temps réel, les prix, les stocks et les flux commerciaux. Et surtout, de mettre en place un contrôle strict tout au long de l'année pour limiter l'activité spéculative et assurer la stabilité des prix. L'Association insiste également sur le rôle crucial des consommateurs dans la régulation du marché. Et ce, en adoptant des comportements d'achat responsables, rationnels et conscients qui contribueront à réduire ces fluctuations et éviter les systèmes de prix injustes. |
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