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Une majestueuse victoire comme cadeau pour l'Aïd

par Abdou BENABBOU

L'évasion qu'offre un match de football est étrange. Elle est d'autant plus grande quand l'équipe qu'on supporte est victorieuse. Pourtant ce n'est qu'une partie de foot à laquelle on adhère souvent sans contrôle, à croire que la destinée est liée à son issue. C'est un peu ce que l'on a ressenti après la victoire éclatante de l'Algérie sur le Mozambique mardi soir.

Des libertés accordées aux fines bouches ne sont pas permises car le gain de la majestueuse prestation de l'équipe nationale n'alimentait pas seulement des points pour assurer une présence d'une compétition mondiale, mais a nourri aussi l'espace d'une soirée un confort de l'esprit et une sérénité intérieure. L'Algérie a survolé de belle manière un adversaire qui paraissait égaré au cœur d'une arène qui n'avait d'yeux que pour la féerie de la jeunesse. Des artistes algériens venus de plusieurs coins du monde ont offert un beau présent à leur peuple en guise de très chaleureux cadeau pour l'Aïd.

C'est là toute la magie indéfinissable que produit le sport. Magie dans une activité qui n'est plus depuis longtemps loisir, mais étendard flottant qui ne se préoccupe guère de la force des vents pour inciter tantôt à la folie et tantôt à la gymnastique politique hors des stades.

A proximité des déserts saoudiens, on a compris que le football était un postier avec une gibecière à remplir d'atouts capables de modeler les représentations et susceptibles de pallier aux exercices diplomatiques. Sans doute est-ce là une raison qui expliquerait pourquoi on ne lésine plus à reformater une nouvelle forme de mercenariat qui dit pourtant son nom à coup de centaines de milliards.

Bientôt, on ne saura plus qui des vedettes sportives ou des acclamations des tribunes sont à l'origine de cette drogue particulière qui offre l'oubli momentané et efface les causes des déprimes sociales.