
L'université est
malade et le remède n'est plus dans la réflexion, mais dans l'action, il n'est
plus dans les facteurs de recherches et d'enseignements, mais il est
plurifactoriel ! Il n'est plus dans le management, mais il est plus profond,
qu'on pense. Le malaise de l'université est incurable, car il est
l'aboutissement des accumulations du système éducatif, de projet de société,
d'instabilité politique, de corruption, de réduction des liberté publique, de
l'anarchie qui envahisse l'ensemble des espaces (privé et publique, voir même
la pensée). Oui la solution n'est plus dans l'université, Il s'agit d'un projet
de société. Ce malaise renvoi aux échecs encaissés non assumés !
Le professeur
Noureddine Abdelkader vient d'être agressé par un étudiant à l'université
d'Oran. Ceci n'est pas une première, il y a un an j'ai écrit, ici même, un
articlesur la violence à l'école, le « virus » est arrivé à l'université. La
banalisation de la violence est devenue, me semble-t-il, le seul moyen
d'exprimer les frustrations, l'incapacité d'assumer les incompétences et d'être
responsable. Pire, l'agressivité est devenue une « vertu » pour se faire une
place dans la société ! Ceci est la preuve d'une déliquescence qui gangrène
l'ensemble des secteurs vitale de la société algérienne. L'urgence n'est plus
de trouver des solutions conjecturelles, mais des solutions réfléchis et
durables. Des espaces de dialogue social s'imposent (pas de communication
politique). Le professeur Ahmed Rouadjia de l'université de Msila, rapporte un
témoignage poignant sur l'état de nos universités. Il écrit dans le Quotidien
d'Oran du 3 mars, que : « Lorsque notre collègue, le professeur Noureddine
Abdelkader, se plaint d'être victime d'une agression de la part de son étudiant
dont le comportement est inqualifiable, il oublie peut-être qu'il est des
enseignants universitaires dont l'arrogance et le comportement agressif et
autoritaire n'a rien à envier à certains de leurs étudiants aux conduites
délinquantes. J'ai eu l'occasion d'observer, dans nos divers campus, d'Est en
Ouest, en passant par « le centre « du pays, si tant est que ce centre existe,
la conduite fort peu élégante de certains enseignants qui, chaussés de sandales
synthétiques et vêtus négligemment, parlent à leurs étudiants un langage
agressif emprunté à celui de la rue. Ici, à l'université de Msila où j'exerce
en qualité de professeur d'histoire, je peux témoigner avec impartialité du
comportement autoritaire et agressif de certains enseignants envers leurs
étudiants, comportement qui n'honore guère l'université. »
Désormais, nous
assistons a l'arrivé d'une nouvelle génération dans notre société (ceci n'est
pas spécifique à l'Algérie), qui ont du mal à accepter les frustrations (revoit
à l'enfant roi), l'échecs (vécu comme une blessure narcissique) et les
critiques (revoit à la pensée totalitaire). Ils veulent tout et toute de suite
! Sont-ils le fruit de toute une éducation, qui n'est pas forcement, et
uniquement, celle de la famille, mais d'un projet de société ? Cette violence
trouve-t-elle ses racines dans notre histoire et nos traumatismes répétitifs ?
Cette violence, traduit-elle l'incapacité de la classe dirigeantes successives
à accepter et à anticiper les besoins d'une société en évolution ? Nos
responsables ne veulent plus être responsable de leur échec, mais ils veulent
être des sauveurs de leur secteur ! (Le culte du moi-je). La fin d'une époque a
commencée !