
Choc et colère attrapent à la gorge
tous ceux qui s'engouffrent dans la forêt d'El Djebasse,
qui surgit à travers des routes escarpées au détour du quartier Benchergui. Au fur et à mesure qu'on s'enfonce dans la
forêt, on est frappé par ces ordures ménagères et ces déchets de construction,
qui jonchent les abords de la route. La forêt a été transformée en un
gigantesque dépotoir d'ordures en tous genres. Un crime contre la nature,
dénoncent des citoyens témoins de cette dégradation de l'un des poumons de la
ville de Constantine. Beauté de la nature, air pur, images verdoyantes, un
décor terni par une agression criminelle contre cet environnement sain, pollué
aujourd'hui par la multiplication des dépôts sauvages de déchets divers dans la
forêt, des sacs-poubelles de déchets ordinaires aux déchets de chantier. Des
camions viennent régulièrement déverser leurs ordures dans la forêt, souillant
le site naturel, signalent des témoins. Ajoutant que le lieu discret, loin de
la circulation, se prête bien au crime presque parfait que commettent ces
chauffeurs de camion en se débarrassant des ordures qu'ils transportent
n'importe où. Pour éviter le trajet très long vers les déchetteries, ces
camions bifurquent au tournant de l'entrée du quartier de Benchergui
et prennent la route vers les hauteurs de la forêt d'El Djebasse
qui couvre le flanc de la montagne du même nom. Une fois à l'intérieur de la
forêt, ils basculent les bennes pour décharger les ordures de toutes sortes,
souvent dans des sachets en plastique, et s'en vont impunément. Eux, ils auront
gagné du temps sur la course jusqu'à la déchetterie et réduit la consommation
de gasoil, mais la forêt souffrira en silence de ces souillures. Des citoyens
qui nous ont alertés à ce sujet lancent un appel urgent aux autorités
compétentes pour sauver la forêt d'El Djebasse, la
débarrasser des ordures et faire en sorte que plus personne ne s'aventure à y
jeter des ordures, en punissant sévèrement les coupables.
Notons que les services de la
Protection civile mettent en garde contre la prolifération des décharges
sauvages dans les forêts, source principale des feux qui ravagent des milliers
d'hectares, en sus de l'agression sauvage et criminelle de l'environnement.