
Depuis quelques semaines, les transporteurs publics de voyageurs de la
daïra de Zighoud Youcef
vivent un malaise dans leurs relations avec l'administration des impôts au
niveau de la daïra. La chose était connue par de nombreux usagers des lignes
périphériques qui desservent les zones rurales. «C'est de notoriété publique»,
nous ont confirmé, par ailleurs, nos relations au niveau du chef-lieu de daïra
et au sein du syndicat auquel ils sont affiliés, à savoir le Syndicat national
des transports publics, bureau de Constantine. Et cela s'est confirmé d'autant
plus qu'à la fin de cette semaine, des transporteurs de cette daïra nous ont
contactés pour nous faire part de leur mécontentement. «Nous sommes soumis au
paiement d'un impôt sur le chiffre d'affaires tout à fait exagéré,
commencent-ils. On se demande sur quelle base est établi cet impôt qui grève
nos faibles revenus et risque, s'il est appelé à durer, de nous mener tout
droit vers la cessation d'activité», nous a expliqué au téléphone un
transporteur. Et son collègue à côté de lui de renchérir en assurant que les
informations qu'il a obtenues dans l'entourage du service des impôts disent
que, en ce qui concerne leur cas, le chiffre d'affaires pris en compte par le
service des contributions diverses est manifestement exagéré. «Je fais ce qu'on
appelle une «ligne rurale» desservant une commune à partir du chef-lieu de
daïra, ligne à faible rentabilité, comme le dernier des citoyens peut vous le
certifier, et je trouve que le chiffre d'affaires sur lequel on se base pour me
fixer l'impôt à payer n'a aucun rapport avec ce que je gagne. Il est tellement
hors de proportion qu'à la longue, je serai amené à mettre la clé sous le
paillasson. Franchement, nous payons trop d'impôt», explique-t-on en citant
avec perspicacité l'adage selon lequel «trop d'impôt tue l'impôt». Et à la fin
de notre entretien, les transporteurs de Zighoud Youcef se disent désolés que ce problème ressurgisse encore
alors qu'ils croyaient en avoir fini avec lui il y a quelques années. «Il
faudrait peut-être recourir encore à des arrêts de travail pour le régler», a
laissé tomber un parmi les transporteurs mécontents.
Comme la journée d'hier samedi n'était pas ouvrable dans
l'administration, nous avons contacté M. Bousmid,
chef du bureau de wilaya de Constantine du Syndicat des transporteurs publics
de voyageurs. Et ce dernier a tout de suite confirmé
le malaise qui existe parmi ses adhérents de Zighoud Youcef. Toutefois, adoptant une attitude responsable, il a
tenu à relativiser ce problème et ne veut pas, du moins pas encore, parler
d'arrêt de travail ou d'un mouvement de protestation quelconque. «J'ai été
saisi effectivement par les transporteurs de cette daïra qui sont confrontés au
problème du paiement des impôts qu'ils jugent excessifs et peu en rapport avec
les chiffres d'affaires qu'ils réalisent», a confirmé en effet ce syndicaliste.
«Mais je me suis entendu avec eux pour procéder par étrapes en tentant de
régler ce problème. Et dans cette perspective, je les ai invités à rédiger et
signer une pétition collective qu'ils m'adresseront pour me permettre de tenter
d'intervenir auprès du directeur des impôts de la wilaya», dira-t-il. Et M. Bousmid de conclure que la question de «l'arrêt de travail
n'est pas posée pour le moment».