
Les
peuples suivistes et arrimés à la queue de la rame, tirée par la locomotive du
monde mobile, assis sur des jambes croisées, les mains liées au ciel, l'esprit
collé sous le nombril, le dos traînant dans le sillage du train qui mène vers
leur domestication, ne réalisent pas, encore, qu'il est temps de quitter le
wagon qui les met face au présent qui défile, sous leurs yeux, et qui devient
vite, pour eux, un passé vide auquel ils s'accrochent, désespérément. Ils
subissent le temps, le futur se fait sans eux et contre eux. Ils ont abdiqué
leur sort pour des tuteurs qu'ils croient leurs protecteurs. Mais ceux-là,
savent qu'en politique, il n'y a pas de convictions, il n'y a que des
circonstances simulées, dans les laboratoires et mises en pratique, in-situ et
in-vivo, pour tirer des profits et assujettir ces peuples émotifs, irrationnels
et versatiles. Coincés entre l'aigle de la bannière étoilée et l'ursidé blanc
de la banquise héritée des Romanov, ballottés entre l'Orient et l'Occident,
incapables d'être eux-mêmes. Désarmés par l'ignorance et la cupidité qui leur
colle aux os et qui circule dans leurs veines, ne sont pas près de s'entendre,
de se liguer ou de ramasser leurs débris essaimés, aux quatre points cardinaux,
par leurs divergences d'enfants gâtés, par la géologie mais oubliés du ciel qui
ne pleut pas chez eux. Leurs certitudes disséminées dans l'histoire et
antagoniques au présent, les divisent et les éclatent en entités affaiblies et
faciles à phagocyter. Il n'est pas, dans l'intérêt de l'hémogénie des
superpuissances, d'éclairer ces peuples obscurs et de les émanciper de leurs
lests. Tacitement, ces maîtres du monde s'entendent à monopoliser les richesses
des autres et les asservir à leur avantage. Ce qui se passe, aujourd'hui, au
Moyen-Orient n'est qu'une suite logique de la protection des intérêts
américains et des intérêts russes, dans la région, ignorant ceux de leurs
supposés «amis». Chacun dame le pion à l'autre et il serait naïf de croire que
les uns ou les autres s'engagent, dans ce conflit manu-militari, en bons
samaritains, sauveurs des malheureux ou en père Noël portant des cadeaux, dans
sa hotte. Comme le disait Charles de Gaulle, dans les relations
internationales, il n'y a pas d'amis, seulement des intérêts. Déjà, en son
temps, le traité hispano-portugais de Tordesillas (1494), avait divisé le monde
entre ces deux ex-puissances navales et, est encore là, pour nous le rappeler.