
En l'absence de
toutes commodités, dans une cité censée être «la vitrine» de la ville d'Oran,
des centaines d'habitants de la frange maritime n'ont eu d'autres recours que
d'interpeller le premier responsable de la wilaya pour venir constater, de
visu, le calvaire qu'ils endurent depuis plus d'une décennie. Les responsables
du comité de quartier «El-Menzah 2» viennent d'adresser une correspondance au
wali d'Oran dans laquelle ils dressent un tableau noir de la situation qui
prévaut au sein de leurs cités qui s'étalent sur plus de 10 hectares, depuis le
«Méridien» jusqu'à Canastel. «Ce qui devait être en principe le prolongement du
boulevard Front de mer, tel que nous le croyions au départ, n'est en fait qu'un
alignement de cités-dortoirs où tout manque», assurent les représentants des
habitants. Ces derniers indiquent que des cités ont poussé tels des champignons
sans le moindre équipement. «Il n'y a ni école, ni espace vert, ni mosquée, ni
polyclinique ou centre de soins, ni annexe administrative? », poursuivent nos
interlocuteurs. Ces derniers signalent, en outre, que plus de dix ans après
s'être installés, les routes n'ont toujours pas été bitumées, le raccordement
au gaz de ville n'a toujours pas été achevé, l'éclairage public non entretenu,
le réseau téléphonique inexistant. Les membres du comité font aussi état de la
prolifération de points noirs, notamment la présence d'une décharge sauvage, en
face des cités, où les rejets ménagers et les remblais s'entassent. «Face à une
telle situation, nous avons décidé, en collaboration avec le secteur urbain
d'El-Menzah, d'organiser chaque samedi des opérations de nettoyage, en
mobilisant un maximum d'habitants», explique le président du comité. Et de
rappeler que des démarches ont été entreprises auprès des services concernés,
mais rien n'a changé. «En somme, nous avons la sensation d'être laissés en
marge du développement, surtout lorsque l'on constate qu'un peu plus loin,
d'autres cités récemment créées disposent de toutes les commodités»,
poursuivent les responsables du comité. «Notre seul souhait, c'est que le wali
se déplace sur site pour constater ce que nous subissons depuis plusieurs
années», concluent les représentants des habitants.