
On le savait très malade, depuis des mois, puis
tout récemment admis en urgence au CHU Hassani Abdelkader.
Slimane Kandsi, l'artiste y
rendit l'âme le vendredi 27 mai 2011 à 23h30, après un profond coma, à l'âge de
81 ans. Le défunt a débuté sa longue et riche carrière en 1949, dans la comédie
essentiellement, mais aussi dans la pratique footballistique vu qu'il fut
arbitre de football, usant de son humour pour gérer plus d'une chaude partie, derbies
locaux? Les spectateurs, il y a quelque temps, l'avaient vu avec le fameux trio
Bila Houdoud, aux côtés de Mustapha, Hazim et Hamid? et son compère
éternel Abbès Boudenne et
autres Benzineb, Abbès Chaouti, Chouat, M. Ghembaza, de Sidi Bel-Abbès. Dès
son jeune âge, il butta contre les difficultés de la vie. Il avait débuté comme
apprenti chez un commerçant et fit des sacrifices énormes avec son modeste
salaire pour subvenir aux besoins de ses frères et sœurs. Il a aussi fréquenté
les SMA locaux et côtoya l'artiste feu Hamidouche. Ils
formèrent un duo dans les années cinquante. Il côtoya également les frères Saïm, El Hadj et Lakhdar. C'était
l'époque de Masrah Echaabi,
un pan de la culture locale. Il ne cessa de se produire en duo, ou
individuellement aux côtés des Issaâd, Benaoum, Benamar, Sidhoum et connaîtra une ascension, l'image de l'ex RTA y
contribuant. Il a été recruté par la suite comme gardien du stade municipal, là
où est bâti l'OPOW 24 Février. Cette proximité avec
le sport compensa ses difficultés, notamment en raison de son handicap physique.
Dans l'arbitrage, il se sentit disponible. En 1962, il fréquenta les grands
arbitres Benzellat et Mokhtari.
Une amitié qui allait durer pendant 20 longues années. Il fut aussi membre de
la ligue régionale d'Oran. De gardien de stade, son niveau scolaire lui permit
d'être fonctionnaire au sein de l'hôtel des finances. Puis ce fut l'ère des
grands succès: «Bébé géant», entre autres. Le public l'adopte. Ses anecdotes
narrées à longueur d'année, constituaient des messages après Masrah Echaabi (troupe renommée
de SBA) et son arrêt en 1966. Feu Kandsi se montrait
toujours disponible, plaisant, aimable et très populaire. Il était très
sollicité. En 1982 fut créée « Saout Ennidhal », nouvelle troupe avec Boudenne
Abbès et que Kandsi rejoint.
Un rôle central lui a été confié, puis une tournée nationale avec la pièce « Errahba », mettant en scène l'impuissance du monde arabe. Anecdotes
: Kandsi ne cessait de dire « je pédale sur place
depuis l'indépendance ». Parlant de sa situation de « mout kaeed
» retraité = moutakaïd que traduisait le défunt par
mout kaeed » meurt debout. Il nous disait souvent : je
n'ai rien eu du théâtre hormis l'amour des gens et de mon public». Le défunt
fut acteur dans plusieurs films.