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Que faire pour les prisonniers algériens en Israël?
par Kamel Daoud
 P remier fragment : question introductive
à la gêne internationale : que faire quand des Algériens sont prisonniers
d'Israël ? Attaquer Israël ? On n'en a pas les moyens. Officiellement, on est
toujours en état de guerre contre ce pays. Officiellement on n'a rien contre
les juifs qui ont habité cette terre autant que nous, mais les Israéliens
n'existent pas pour nous. Donc, retour à la question ? Que faire quand 32
Algériens dont cinq femmes sont prisonniers d'un Etat raciste qui a besoin de
faire la guerre pour se sentir en paix ? Attendre qu'ils soient libérés avec le
temps. Ou attendre que la gêne disparaisse et négocier indirectement leur
libération. Ou les oublier et laisser l'internationale islamiste s'en occuper
avec sa propagande. Ou dire qu'il s'agit de militants du Hamas algérien et
qu'ils doivent assumer leur aventure. Bien sûr, ce sont des militants et leur
geste est si glorieux qu'il fait un peu oublier la concomitance politique
interne, mais ça, c'est une affaire interne : on sait que des militants
islamistes ont le sens de l'opportunité politique, mais c'est notre linge sale.
Pour le moment, ce sont des Algériens dans des prisons israéliennes. La gêne
vient de ce qu'ils ne sont pas des imams audacieux, ni des humanitaires
intrépides, mais aussi un sénateur et des députés qui font partie de la
coalition présidentielle qui fait partie de l'Etat qui fait partie de
l'Algérie. Que faire donc contre cette insulte gênante ? Une grosse question de
nez et de visage. Deuxième fragment : mais qui est finalement sous embargo ?
Gaza ou Israël. Bien sûr, vue de l'immédiat, Israël mange bien, possède des
fusils et des micro-ondes, mange la terre qu'elle veut, prend des bains de
soleil où elle veut, des lobbys, des passeports selon ses envies et la
possibilité de circuler dans un monde ouvert. Israël ne creuse pas des galeries
pour manger et n'attend pas la charité internationale pour se nourrir.
Comparativement, Gaza est prisonnière. Elle mange mal, se nourrit avec ce
qu'elle peut, creuse des tunnels pour survivre, lance des roquettes pour
s'affirmer et subit le Hamas comme on subit un codétenu. Un gazaouite est la
moitié d'un Palestinien qui est déjà la moitié d'un citoyen mondial. Les gazaouites
sont enfermés, ne peuvent pas pêcher dans leurs eaux, aller dans leur plage ou
voyager dans le monde de Dieu ou d'Obama. Pourtant, à regarder de loin, du
point de vue d'un point de vue ample, la question est de savoir qui est
vraiment enfermé dans son propre pays ? Qui est sous embargo universel malgré
ses armées et ses lobbys ? Qui est conspué au point d'être non fréquentable que
par la force ? Gaza ou Israël ? Les Palestiniens ou les Israéliens ? Qui est
enfermé ? Qui creuse son propre tunnel de survie ? Qui a besoin d'aide
humanitaire pour qu'il rejoigne enfin le reste de l'humanité ? Le Palestinien
sans terre ou l'Israélien sans avenir ?
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