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![]() ![]() ![]() ![]() L'acte de piraterie internationale perpétré par la marine
israélienne au large de Gaza, qui s'est en plus soldé par un carnage, a fait
l'objet d'une condamnation universelle, y compris de la part d'Etats
traditionnellement très compréhensifs et permissifs à l'endroit d'Israël quand
il viole les normes du droit et de la morale. Au point que des gouvernements
ayant défendu au nom de «sa légitimité» à sauvegarder sa sécurité nationale
quand il a agressé la population gazaouie, ont joint cette fois leurs voix au
concert de condamnations.
Une voix pourtant s'est faite discordante, celle des Etats-Unis, qui se sont contentés de regretter «les pertes humaines» provoquées par l'assaut israélien. Cette singularité de la réaction américaine ne va pas permettre à l'indignation et aux condamnations internationales d'avoir un prolongement pratique inquiétant pour l'Etat sioniste voyou. Tant qu'en effet celui-ci bénéficie de la «compréhension» américaine, il est assuré que l'indignation et les condamnations internationales en resteront au stade du formel. Ce qui ne sera pas pour créer un problème de conscience à ceux qui gouvernent à Tel-Aviv. Pour les forcer à changer de politique et de comportement, la communauté internationale devrait en toute justice décréter des sanctions contre l'Etat hébreu. Mais s'il existe une majorité dans cette communauté internationale qui a conscience que c'est la réponse à faire à l'arrogance sans borne de cet Etat, Washington ne permettra pas qu'elle soit mise en pratique et lui opposera son veto au Conseil de sécurité et s'emploiera à dissuader d'autres Etats d'y recourir unilatéralement, y compris ceux des pays arabes qui sont ses alliés. Pour rendre moins audible le concert d'indignation qui stigmatise Israël après son sanglant acte de piraterie internationale, Washington et le carré d'indéfectibles partisans d'Israël, même mis au ban des accusés par toutes les opinions internationales, vont, à n'en point douter, faire dans la diversion. Cela consistera à remettre au premier plan de l'actualité le dossier du nucléaire iranien en dramatisant le côté urgent qu'il y aurait à ce que la communauté internationale s'en inquiète toutes autres affaires cessantes. Les Etats arabes, l'Egypte en particulier, se prêteront à cette diversion. Le Caire avec plus d'empressement que les autres parce que la condamnation universelle qui stigmatise l'acte de piraterie internationale d'Israël s'étend aussi au blocus de Gaza qui lui a servi de justification et dont l'Egypte est le co-protagoniste. Une complicité que les opinions internationale et arabe n'ont pas manqué de faire ressortir dans leur condamnation du blocus. Et qui, circonstance aggravante pour l'Etat égyptien, est exploitée par la propagande de l'Etat hébreu et de ses alliés en tant qu'argument de «légitimation» du blocus de Gaza et de sa poursuite. La réaction de désapprobation «ferme» dans la forme, exprimée par Moubarak suite au carnage perpétré au large de Gaza, ne doit pas faire illusion sur la position égyptienne. Ce pays sacrifie à la rhétorique désapprobatrice ambiante, mais poursuivra sa collaboration stratégique avec l'Etat sioniste qui foule aux pieds les droits légitimes du peuple palestinien. Une collaboration qui, pour Le Caire, passe avant tout autre considération, du moment que l'Egypte partage avec Israël les mêmes inimitiés pour des acteurs politiques de la région. |
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