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L'Ukraine : Une nation sacrifiée sur l'autel des intérêts occidentaux

par Salah Lakoues

L'Ukraine, jadis pays d'équilibre entre l'Est et l'Ouest, s'est retrouvée piégée dans une spirale de violence et de déstabilisation orchestrée par l'OTAN et l'Union européenne. En l'encourageant à adopter une posture hostile envers la Russie, ces puissances l'ont poussée à l'extrémisme, la transformant en un champ de bataille géopolitique où les véritables perdants sont son peuple et sa souveraineté.

Aujourd'hui, la réalité est cruelle : ceux qui ont promis monts et merveilles à Kiev lui tournent désormais le dos. L'Ukraine n'a pas mis la Russie à genoux ; au contraire, elle se retrouve elle-même à genoux, exsangue, ruinée, et au bord de la désintégration. L'OTAN et l'UE, qui ont soufflé sur les braises du conflit, se désengagent progressivement, laissant à l'Ukraine une dette colossale, une économie détruite et un avenir incertain.

Le grand jeu de l'Occident : pousser l'Ukraine à l'extrémisme

L'Occident a joué un rôle central dans l'exacerbation du conflit ukrainien. Depuis le coup d'État de 2014, soutenu activement par Washington et Bruxelles, l'Ukraine a été détournée de sa vocation naturelle de pays pont entre la Russie et l'Europe. Les gouvernements successifs, encouragés par une rhétorique antirusse radicale, ont engagé leur nation dans une guerre qui ne servait en réalité que les intérêts stratégiques occidentaux.

L'objectif n'a jamais été de défendre la démocratie ou la souveraineté ukrainienne, mais bien de transformer l'Ukraine en un proxy contre la Russie. Les armes, l'argent et le soutien diplomatique fournis par l'OTAN et l'UE avaient pour but d'affaiblir Moscou, sans se soucier du prix à payer pour les Ukrainiens.

Mais ce calcul cynique a échoué : la Russie n'a pas plié, et l'Ukraine, elle, s'effondre.

Une proie à dépecer : quand l'Occident abandonne l'Ukraine

Aujourd'hui, le constat est amer. L'Ukraine est devenue une proie que ses « alliés » commencent à dépecer.

Les dettes colossales : l'Ukraine doit rembourser les centaines de milliards de dollars dépensés par l'Occident. Le FMI et les créanciers internationaux, après avoir généreusement prêté de l'argent à Kiev pour alimenter la guerre, exigent désormais leur dû. Mais comment un pays ruiné, dont l'économie a été saignée à blanc, pourrait-il s'en acquitter ?

La perte des territoires : L'OTAN et l'UE savent pertinemment que l'Ukraine ne récupérera jamais les territoires perdus. Pourtant, ils continuent de faire miroiter à Kiev l'illusion d'une victoire possible, l'empêchant ainsi d'accepter la réalité et de négocier une paix durable.

Le pillage des ressources : l'Ukraine possède d'immenses richesses naturelles, notamment des terres fertiles et des minerais stratégiques. Des multinationales occidentales s'activent déjà pour mettre la main sur ces ressources, profitant du chaos ambiant et de la faiblesse du gouvernement ukrainien. Loin d'être sauvée, l'Ukraine est en train d'être vendue au plus offrant.

L'Occident ne ramènera pas les morts

Mais au-delà des milliards de dollars et des territoires, il y a une réalité encore plus tragique : les centaines de milliers de morts que cette guerre a provoqués.

L'Ukraine a perdu une génération entière de jeunes hommes, envoyés sur le front pour une guerre qui n'était pas la leur. Familles brisées, villes détruites, un pays en ruine… Qui, à Bruxelles ou à Washington, pleure ces morts ? Certainement pas ceux qui, en toute impunité, ont attisé cette guerre.

Aujourd'hui, alors que l'Ukraine est vidée de son sang et de ses forces vives, ses soi-disant alliés commencent déjà à détourner le regard. Leur objectif n'a jamais été la paix, mais bien l'affaiblissement de la Russie, quitte à sacrifier tout un peuple dans l'opération.

Une tragédie évitable, un avertissement pour l'avenir

L'histoire de l'Ukraine est une leçon tragique pour tous les peuples du monde. Elle montre comment une nation peut être instrumentalisée, poussée à l'extrémisme, puis abandonnée lorsque son utilité stratégique disparaît.

Ceux qui, en 2014, croyaient que l'Occident leur apporterait la prospérité et la sécurité se retrouvent aujourd'hui avec un pays ravagé, une dette insoutenable et un avenir sombre. Pendant ce temps, l'OTAN et l'UE continuent leur route, prêts à recommencer le même scénario ailleurs si l'occasion se présente.

L'Ukraine, naguère promue comme « le bouclier de l'Europe », n'a été qu'un pion sacrifié sur l'échiquier des grandes puissances. Et à la fin de cette tragédie, une question demeure : à quel moment les peuples comprendront-ils que les guerres imposées par l'Occident ne profitent jamais à ceux qui les mènent ?

Macron et Boris Johnson : la responsabilité des fauteurs de guerre

Dès le début du conflit en Ukraine, la possibilité d'une solution diplomatique existait. Des pourparlers avaient été engagés entre Moscou et Kiev, notamment sous l'égide de la Turquie, et un accord semblait à portée de main au printemps 2022. Pourtant, cette issue pacifique a été sabotée par l'Occident, et en particulier par deux hommes : Emmanuel Macron et Boris Johnson.

Ces dirigeants, en véritables va-t-en-guerre, ont joué un rôle clé dans le prolongement du conflit, empêchant Kiev de négocier une paix qui aurait pu sauver des centaines de milliers de vies et préserver l'Ukraine d'un effondrement total.

Le rôle de Boris Johnson : le sabotage des accords d'Istanbul

Au printemps 2022, des négociations avaient lieu entre la Russie et l'Ukraine à Istanbul. Ces discussions avaient abouti à un projet d'accord où Kiev acceptait un statut de neutralité en échange de garanties de sécurité. Cet accord aurait pu mettre fin à la guerre, évitant ainsi une escalade sanglante.

Mais c'est à ce moment précis que Boris Johnson est intervenu. En avril 2022, il s'est rendu à Kiev pour dissuader le président ukrainien Volodymyr Zelensky d'accepter un compromis. Selon plusieurs sources, il aurait affirmé que l'Occident ne soutiendrait pas une paix négociée et que la guerre devait continuer pour affaiblir durablement la Russie. En clair, il a convaincu Zelensky de poursuivre un conflit qui allait mener son pays à la ruine.

Pourquoi une telle manœuvre ? Parce que le véritable objectif du Royaume-Uni et de l'OTAN n'a jamais été la paix, mais l'enlisement de la Russie dans une guerre longue et coûteuse. Peu importait que cette stratégie entraîne la destruction de l'Ukraine, tant que l'Occident pouvait espérer épuiser Moscou.

Macron : une hypocrisie diplomatique

Emmanuel Macron, de son côté, a adopté une posture plus ambiguë. Il s'est présenté comme un médiateur, affirmant vouloir maintenir un dialogue avec Vladimir Poutine. Mais derrière cette façade diplomatique, il a joué un double jeu en alignant la France sur les positions bellicistes de l'OTAN.

Il a participé à l'envoi d'armes lourdes à l'Ukraine, alimentant l'illusion d'une victoire possible contre la Russie.

Il a publiquement exclu toute négociation avec Moscou tant que l'Ukraine n'aurait pas «remporté» la guerre, un objectif irréaliste qui ne faisait que prolonger inutilement le conflit.

Plus récemment, il a même évoqué l'envoi de troupes européennes en Ukraine, une déclaration dangereuse qui a été immédiatement rejetée par d'autres dirigeants européens.

Macron, en bon opportuniste, a cherché à jouer sur tous les tableaux : se poser en artisan de la paix tout en soutenant l'escalade militaire. Mais en refusant d'encourager une solution diplomatique au bon moment, il a contribué à l'impasse actuelle.

Un bilan tragique : l'Ukraine détruite, l'Occident indifférent

Aujourd'hui, le résultat de cette politique belliciste est sans appel : l'Ukraine est ravagée, son économie est en lambeaux et son armée saignée à blanc. Les morts se comptent par centaines de milliers, tant du côté ukrainien que russe.

L'OTAN et l'UE commencent à montrer des signes de lassitude, tandis que les États-Unis, avec l'élection de Donald Trump, envisage un accord avec la Russie. Et envisage de réduire leur soutien à l'Ukraine.

Boris Johnson et Emmanuel Macron portent une lourde responsabilité dans ce désastre. Par leur refus d'une solution négociée, ils ont condamné l'Ukraine à un conflit interminable et, pire encore, à un destin de nation dépecée par ses propres « alliés ».

L'histoire jugera sévèrement ces dirigeants qui, au lieu de promouvoir la paix, ont préféré jouer aux stratèges de salon avec la vie de centaines de milliers de personnes. Mais une chose est certaine : ni Macron ni Boris Johnson ne ramèneront les morts, et l'Ukraine paiera seule le prix de leurs erreurs.

Macron et le Sahara Occidental : une stratégie de la division

Depuis plusieurs années, Emmanuel Macron adopte une posture ambiguë et dangereuse concernant le dossier du Sahara occidental. Plutôt que d'encourager une solution diplomatique entre l'Algérie et le Maroc, il semble attiser les tensions, jouant un double jeu qui risque de plonger la région dans une escalade incontrôlable.

La politique française, dictée par des intérêts stratégiques et économiques, ne vise pas la stabilité du Maghreb, mais cherche au contraire à maintenir une division entre Alger et Rabat. Cette approche rappelle la stratégie employée en Ukraine : encourager une confrontation indirecte, tout en feignant la neutralité.

Une France qui souffle sur les braises

Le soutien implicite à la position marocaine

Officiellement, la France affiche une position neutre sur le Sahara occidental, un territoire reconnu par l'ONU comme non autonome et dont le statut final doit être déterminé par un référendum d'autodétermination. Pourtant, Paris adopte une politique qui favorise clairement le Maroc :

La France est le principal allié du Maroc en Europe et un soutien de Rabat dans les institutions internationales.

Paris évite toute critique des manœuvres marocaines au Sahara occidental et bloque toute initiative européenne qui pourrait soutenir l'application du droit international.

Même si Macron n'a pas (encore) reconnu officiellement la souveraineté marocaine sur le Sahara, il entretient un flou stratégique qui renforce la position de Rabat.

La provocation envers l'Algérie

L'Algérie, soutien historique du Front Polisario et de la cause sahraouie, voit dans cette posture française une menace directe. Pourtant, au lieu d'adopter une diplomatie d'apaisement, Macron a multiplié les gestes hostiles envers Alger :

déclarations polémiques sur l'histoire coloniale et sur le régime algérien, créant des tensions inutiles.

Réduction des visas pour les Algériens, alors que cette politique a été assouplie pour le Maroc.

Pressions diplomatiques pour contraindre l'Algérie à revoir sa position sur le Sahara, ce qu'Alger a catégoriquement refusé.

En alimentant ce climat de défiance, Macron joue avec le feu. Il cherche à diviser les deux plus grandes puissances du Maghreb pour empêcher l'émergence d'un bloc régional autonome.

Un scénario ukrainien au Maghreb ?

Macron applique la même stratégie que celle qui a plongé l'Ukraine dans le chaos : Encourager un allié (le Maroc) à adopter une posture dure et conflictuelle.

Exclure toute solution diplomatique réaliste (le référendum sahraoui, pourtant validé par l'ONU, est constamment entravé).

Forcer l'autre partie (l'Algérie) à réagir en durcissant sa position, ce qui alimente la montée des tensions.

Comme en Ukraine, la finalité est claire : maintenir une zone d'instabilité où la France conserve un levier d'influence, tout en empêchant l'Algérie et le Maroc de devenir des pôles indépendants de puissance.

L'Algérie et le Maroc tomberont-ils dans le piège ?

Heureusement, malgré la multiplication des provocations, l'Algérie et le Maroc ont jusqu'ici évité l'affrontement direct. Cependant, la situation reste fragile, et Macron ne semble pas prêt à changer de cap.

L'Algérie, fidèle à sa doctrine de non-alignement et de respect du droit international, refuse de se laisser entraîner dans un conflit inutile. De son côté, le Maroc, qui bénéficie du soutien occidental, joue la carte de l'attente, mais pourrait être tenté de pousser l'escalade si la France et ses alliés l'encouragent dans cette direction.

Un Maghreb fort passe par l'unité

La seule réponse efficace à la stratégie de Macron est la consolidation d'un Maghreb uni et souverain. L'Algérie et le Maroc doivent comprendre que leur véritable force réside dans la coopération et non dans la confrontation.

Si Paris cherche à diviser, c'est parce qu'un Maghreb stable, économiquement intégré et politiquement indépendant représenterait une menace pour l'influence française en Afrique du Nord.

Macron, en va-t-en-guerre assumé, rêve d'un Maghreb à feu et à sang, comme il a rêvé d'une Ukraine transformée en champ de ruines. Mais cette fois, l'Histoire ne doit pas se répéter.