L'arrogance
n'a de vie que dans le crâne de celui qui la professe comme un mode de gestion.
Comme un guide de domination et d'écrasement de l'autre juste pour affermir, à
soi-même, une illusion de maestro. Ce n'est nullement la fonction de wali ou
une autre qui va octroyer à une insignifiance initiale une quelconque valeur
chiffrée. Un néant notoire reste un néant public malgré le remplissage ambiant
dans lequel il vogue, tout en croyant y demeurer longtemps. Quand l'on part,
délogé, surpris, sans philharmonie, au bonheur des roses;
il est spirituel de se dire à quoi aurait servi le ton gueulard ou l'air
hautain, voire la fausse hauteur ? Les roses méritent la douceur d'un bon
fleuriste, pas d'un boiteux laboureur, d'un jardinier, pas d'un semeur de
haine, d'un wali souriant et optimiste qui sait savourer l'arôme des gens et se
délecter des saveurs humaines. Quand l'on est suffisant jusqu'aux bouts de tous
ses orgueils, l'on devient sans se rendre compte un vaniteux aux mains de ses
propres turpitudes. Sans états d'âme; le scrupule vous
tiendra compagnie le long de votre carrière. Il ne vous fera miroiter la
réussite que dans les paroles salées, que dans l'habit d'un procureur trop
inquisiteur. Ni le poste fonctionnel, ni le rang hiérarchique, ni la Cité des
roses, ni les autres territoires n'ont besoin pour tout progrès, d'hommes imbus
d'autoritarisme et de zèle impétueux. Seule l'efficacité sans fard ni fanfare
dans de pareilles fonctions reste apte à vous investir d'une vertu impériale.
Quand l'on vous débarque, demis de vos faux parcours, vous n'allez plus siroter
le prétendu charisme, vous n'allez plus vomir vos colères ni vous enchanter de
vos délires, vous allez juste habiter tristement la mémoire locale sans pouvoir
se loger dans aucun cœur citoyen. Et peut-être, même dans celui de vos
proximités et origines matricielles. C'est affreux pour l'épine que le bon vent
discrétionnaire la déracine du sommet de ces pétales qui ne cherchent qu'à
embellir les roses et leur cité. C'est à leur bonheur, à celui de ceux qui
n'arrivent plus à supporter la méchanceté causée aux belles choses, aux belles
gens. Le vœu du peuple est que chaque épine puisse devenir un fil de soie, un
bourgeon printanier dans les jardins de toute collectivité territoriale. Car,
cette espèce d'épines, qui pense que gérer c'est beugler, se trouverait
pratiquement à la tête de pas mal d'agglomérations et qu'elle empeste le
potager et pervertit l'épanouissement d'une vie publique qui ne devrait être
qu'harmonieuse et développée.