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Sahara Occidental: La démarche espagnole «menace pour la sécurité de la région»

par R. N.

L'expert dans les questions sécuritaires et géostratégiques, Ahmed Mizab, a estimé hier, lors d'une émission de la radio nationale Chaîne 1, que la décision espagnole de soutenir le « plan marocain » concernant le conflit au Sahara Occidental est « une menace pour la sécurité de la région ». « La démarche sans précédent du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, concernant la question du Sahara Occidental, est une menace pour la sécurité de la région et pour la sécurité nationale espagnole, étant donné que le makhzen marocain est une partie peu fiable et en qui on ne peut avoir confiance », a-t-il déclaré. L'intervenant considère que « les pratiques d'extorsion du régime marocain ne mèneront à aucun résultat » et ceci indique « un état de confusion et d'absence d'une vision claire pour le makhzen ». Cependant, ajoute Ahmed Mizab, les pratiques marocaines n'excusent en rien la nouvelle attitude de l'Espagne sur un dossier où elle porte une grande responsabilité pour avoir été l'ancien colonisateur des territoires sahraouis.

« La responsabilité espagnole existe et ne peut être renversée par des positions politiques », dit-il, notant que « le peuple sahraoui, à la lumière de tous ces développements, en sort gagnant parce qu'au final, ses options stratégiques se précisent jour après jour, à travers lesquelles il peut fixer ses priorités dans le cadre de la restauration de ses droits légitimes », a-t-il encore expliqué. Mizab insiste sur « le droit du peuple sahraoui de restaurer sa souveraineté et son autodétermination », et que ce droit ne peut être ignoré après « plus de 47 ans de luttes ». Concernant la position de l'Algérie, l'invité de la Chaîne 1 estime qu'elle est « ferme et claire, et reste conforme au respect de la Charte des Nations Unies, des pactes internationaux et du droit international, d'une part, et de la Charte de l'Union africaine dans le cadre du droit à la décolonisation dans le continent, d'autre part ». Il a souligné notamment que « la voix de l'Algérie qui est connue pour son soutien au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, ne peut être étouffée dans le cadre du soutien aux causes justes ». Par ailleurs, l'intervenant a noté que la nouvelle position du Premier ministre espagnol « a surpris même les partis politiques » du pays. « La décision prise par le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a surpris les Espagnols à tous les niveaux, officiel, politique, médiatique et même au sein des élites », et conduira inévitablement, selon lui, « à une scission au sein du front intérieur en Espagne », comme en témoigne la réaction de « près de 11 partis politiques au sein du Parlement » qui demandent la « convocation du Premier ministre à rendre des comptes devant les députés ». L'intervenant est convaincu que « des dizaines d'organisations espagnoles soutenant la cause sahraouie agiront comme un bloc de pression dans le cadre du rejet de cette démarche irresponsable ». « Ce qui s'est passé, dit Ahmed Mizab, exprime la faiblesse de la position politique du gouvernement espagnol actuel car, selon lui, tomber dans le cycle des extorsions par le régime makhzen marocain est une étape dangereuse qui peut menacer la sécurité nationale espagnole ». Pour Ahmed Mizab, l'Espagne « est confrontée à une épreuve difficile », d'autant plus que « cet échec pourrait sonner le glas de l'exécutif de Pedro Sanchez ».

L'expert estime, enfin, que cet épisode « n'affectera nullement le moral des Sahraouis, peuple et direction politique, et ne les poussera pas à reculer sur leur revendication d'autodétermination ». « Bien au contraire, cela leur permettra d'avancer avec une plus grande détermination pour arracher leurs droits », conclut Ahmed Mizab.