![]() ![]() ![]() ![]() Il est des
êtres qui ont une si extraordinaire idée d'eux-mêmes que, même lorsqu'ils se
rendent compte qu'ils se sont trompés ou qu'ils ont causé du tort à une tierce
personne, rechigneront toujours à s'excuser et à demander pardon. Dans la vie,
personne n'est à l'abri de commettre une faute ou une injustice et nul n'est
infaillible en toutes circonstances et à chaque instant, mais ceux-là préfèreront
mourir plutôt que faire amende honorable. Accepter ses torts, reconnaître ses
erreurs de jugement et de parti pris ou, plus grave, ses affronts et ses
offenses, et ensuite tenter de les réparer, en premier lieu, par une parole
bienveillante de regret, est loin d'être un aveu de faiblesse;
c'est même une preuve de courage et d'humilité. Si tous les hommes se
précipitaient pour se demander pardon au moindre soupçon de faute commise, soit
par les uns soit par les autres, la vie ici-bas serait plus clémente, tous les
conflits se trouveraient vite désamorcés, toutes les guerres deviendraient
inutiles. Mais, malheureusement, l'être humain est davantage préoccupé d'avoir
raison à tout prix que soucieux d'être juste même si c'est à son propre
détriment. Pire, il peut aller jusqu'à se complaire dans l'erreur plutôt que de
tenter de la corriger et il est alors réduit à trouver les justificatifs les
plus absurdes afin de sortir indemne des reproches qu'on pourrait lui faire, y
compris ceux infligés par sa conscience ! Le grand philosophe genevois,
Jean-Jacques Rousseau, n'était-il pas dans le vrai lorsqu'il écrivait : «Il
faut rougir de faire une faute et non de la réparer» ?
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