A quelques jours de la fête de l'Aïd el Adha (le 22 août prochain), l'heure est à l'achat du
mouton. Des points de vente sont ouverts un peu partout à travers les communes
de la wilaya. Mais, cette année, l'affluence est beaucoup plus importante que
les années précédentes sur le sud de la wilaya où des centaines de citoyens se
ruent sur les éleveurs des localités d'Abdelmoullah, Belhadji Boucif (Laouedj), El-Aricha, El Gor, Sidi Mokhfi, Mekmen Benamar, Magoura, Bouihi, Sidi-Djillali et Sebdou, pour acheter
moins cher leur mouton. « Déjà ici chez l'éleveur, il y a une différence de 5
000 à 10 000 DA à gagner par rapport aux points de vente des autres localités,
car les éleveurs vendent eux-mêmes leurs moutons, il n'y a pas d'intermédiaires.
C'est pour cela que je suis venu ici, on évite les spéculateurs qui achètent en
gros leurs moutons chez les éleveurs potentiels de la région, puis ils les
engraissent pendant quelques mois pour imposer leur prix dans les points de
vente et marchés à la veille de la fête de l'Aïd. Parfois les moutons passent
par plusieurs mains pour atterrir chez le consommateur à des prix exorbitants
», a indiqué Hadj Moussa, un habitant de Tlemcen, rencontré avant-hier à El-Aricha, qui dénonce cette pratique malsaine et frauduleuse
des spéculateurs. Et de s'interroger : « Où sont les contrôles ? Que font les
responsables concernés ? Pourquoi à chaque fête de l'Aïd el Adha,
les prix du mouton flambent-ils ? Il faut mettre fin à cette anarchie qui règne
dans le secteur. Il faut éradiquer les points de vente informels, car le grand
problème c'est l'accroissement du nombre des intermédiaires qui cherchent le
gain facile en achetant et revendant les moutons. L'éleveur n'y est pour rien !
Il s'occupe des bêtes, il les soigne, les nourrit et assume à lui seul toutes
les pertes de son cheptel ». Juste à côté d'El-Aricha,
dans la zone éparse de Belhadji Boucif,
où l'élevage ovin dans cette région a connu, ces dernières années, son plein
essor, avec l'arrivée de nouveaux jeunes éleveurs, des citoyens débarquent de
partout pour acheter leur mouton. Interrogé sur le risque de la putréfaction de
viande de mouton, et le recours aux aliments complémentaires pour finition
destinés aux poulets de chair pour l'engraissement des moutons et agneaux, un
ancien éleveur de cette localité a souligné à notre journal que « Cette année,
les surfaces de pâturage sont abondantes à cause de fortes chutes de pluies
enregistrées dans toute la région. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter de ce
problème, car la majorité des éleveurs alimentent leurs bêtes en aliments sains
et traditionnels tels que l'herbe et le fourrage. Mais, je dois quand même
attirer l'attention des citoyens, afin d'éviter de tomber dans le piège de la
viande frelatée, car certains spéculateurs peuvent recourir à ce procédé
malsain pour engranger le maximum d'argent à l'occasion de cet Aïd ». Par
ailleurs, 07 cas de fièvre aphteuse ont été signalés par les services
vétérinaires de la direction de l'agriculture, ces derniers jours, dans la wilaya
de Tlemcen. Deux foyers de contamination de cette maladie virale ont été
enregistrés notamment à Chebikia (Souani)
et Ourit (Ain Fezza). Pour
endiguer la prolifération de cette maladie, des moyens adéquats ont été
mobilisés par les services vétérinaires et une campagne de sensibilisation sur
la fièvre aphteuse au profit des éleveurs du bétail a été lancée par la Caisse
régionale de mutualité agricole (CRMA) de Tlemcen.