
Durant les cinq
premiers mois de l'année en cours, autrement dit de janvier à mai 2015, les
services de la répression des fraudes de la direction du Commerce de
Constantine ont relevé 1.416 infractions diverses, commises dans les
transactions commerciales, et ils ont transmis à la justice 1.408 dossiers de
commerçants indélicats. Aussi, au cours des milliers d'interventions effectuées
durant cette période, les agents du service ont saisi des marchandises pour une
valeur dépassant les 18 millions de dinars et proposé 45 locaux commerciaux à
la fermeture administrative.
D'autre part, sur
le registre des pratiques commerciales frauduleuses et durant la période de
janvier à avril 2015, les services concernés ont dressé 2.518 infractions et
transmis à la justice 2.537 dossiers de fraude en proposant à la fermeture 98
locaux commerciaux. Ces chiffres, qui ont été communiqués hier par les services
de la direction du Commerce en marge de la campagne annuelle de sensibilisation
lancée dans le cadre de la prévention des intoxications alimentaires, rendent
compte d'une façon significative de la situation du marché des produits
alimentaires qui fait peu cas de la santé du consommateur qui n'est pas à
l'abri des intoxications alimentaires.
Intervenant à ce
propos à l'ouverture d'une campagne de sensibilisation des consommateurs et de
prévention des intoxications alimentaires, qui se tient du 2 au 10 juin en
cours sous le thème «Attention aux intoxications alimentaires», le directeur du
Commerce de la wilaya, M. Zidane Boularak, fera observer que «chaque malade
victime d'intoxication alimentaire hospitalisé, s'il arrive à sortir vivant,
coûte à l'Etat 10 millions de centimes la journée. Et il peut passer un minimum
de 4 journées à l'hôpital. D'où l'intérêt, qui n'est pas uniquement d'ordre
pécuniaire, mais profondément humain, de prévenir contre ce danger qui guette
le consommateur». Abordant ensuite le thème du jour, le directeur du Commerce
expliquera l'objectif des journées de sensibilisation, notant que l'action qui
vient d'être lancée coïncide avec le début de la période des grandes chaleurs
qui est propice aux intoxications alimentaires, mais aussi avec le mois du
Ramadan qui voit la consommation monter en flèche. Et avec elle, les risques
des intoxications. «Et l'on doit sensibiliser le consommateur pour qu'il prenne
garde à ne pas acheter les produits n'importe où, notamment dans les endroits
où les produits rapidement périssables sont exposés au grand air, à l'instar
des fromages, par exemple, qui se vendent sur la voie publique et dans des
conditions de conservation nulles. Qu'il doit éviter aussi d'acheter la viande
et ses dérivés ailleurs que chez les bouchers assermentés dont la marchandise
est soumise au contrôle vétérinaire. Plus particulièrement, les viandes hachées
qui doivent être préparées sur le champ, à la demande et à la vue du client. Et
ce ne sont là que quelques-uns des nombreux messages que nous voulons faire
parvenir au consommateur à travers cette campagne», dira-t-il. Celle-ci, comme
le montre le programme élaboré par la direction du Commerce, commencera par la
distribution des dépliants au niveau des marchés populaires du chef-lieu de
wilaya (Boumezzou, Bettou, Souk-El-Asser, les gares routières et l'aéroport
Mohamed Boudiaf). Suivront les universités et instituts et les marchés
hebdomadaires de la wilaya, les centres commerciaux et les supérettes. Les
organisateurs ajouteront qu'un programme spécial sera suivi après le Ramadan
pour poursuivre la sensibilisation au niveau des salles des fêtes où se
déroulent traditionnellement les repas collectifs de mariage et qui sont des
lieux propices pour les intoxications alimentaires. Et c'est là qu'est
intervenu M. Merad Abdelhakim, chargé de l'information au niveau de la
direction du Commerce, pour rappeler que l'été dernier 6 cas d'intoxication
collective ont été enregistrés dans ces salles des fêtes. «Mais en 2013, où le
record a été battu, il y a eu 253 cas de ce genre survenus dans des salles des
fêtes et des restaurants. Et dans tous ces chiffres, il n'y a pas eu de décès.
Ce qui démontre l'efficacité des campagnes de sensibilisation. Cette année,
nous n'avons enregistré aucun cas jusqu'à présent. Mais ne crions pas victoire
trop tôt car la période de chaleur vient tout juste de pointer le bout du nez.
Et tout timidement encore !», a averti ce fonctionnaire.