La journée d'étude
organisée hier par la cour de Constantine autour du thème «médias et justice» a
soulevé la problématique dans la recherche d'un équilibre entre le souci
d'informer et les réserves auxquels doit s'astreindre le journaliste afin de ne
pas porter atteinte au secret de l'instruction judiciaire, ne pas toucher à la
sacro-sainte présomption d'innocence, prendre en considération le respect de la
confidentialité des enquêtes et la vie privée des justiciables. Dans le fond,
la journée d'étude tend à «promouvoir le travail du journaliste dans le cadre
des couvertures médiatiques de l'activité judiciaire et l'instauration de
pratiques aptes à même de réaliser cet équilibre entre la liberté d'expression
et le droit à l'information d'une part, et d'autre part préserver les droits
des justiciables», indique-t-on dans un communiqué signé par le procureur
général et le président de la cour de Constantine. Une équation complexe qui ne
se résout pas sans assisses communicatives assez solides entre les médias et la
justice, et une formation adéquate, spécialisée, pour les uns et les autres
afin de surmonter les anachronismes auxquels se soumettent les exigences et la
légitimité de la recherche de la vérité. Le secteur de la justice a dans ce
cadre initié une politique de rapprochement avec les professionnels des médias
par le biais de séminaires organisés cycliquement au niveau des cours de
justice tout en gardant une certaine attitude de souplesse vis-à-vis de comptes
rendus des activités judiciaires où, parfois, faut-il le reconnaître, le
journaliste s'emmêle les pinceaux dans l'utilisation des termes juridiques.
Bien sûr, c'est une légitimité que le journaliste a tendance à vouloir percer
les secrets, mais lorsqu'il s'agit de couverture d'une activité judiciaire, il
est tenu à la réserve pour sauvegarder la dignité des justiciables. Ce à quoi
c'est attelé à répondre, dans une communication, le docteur Abdelhafidh
Tachour, du département de droit de l'université de Constantine, qui a insisté
dans son intervention sur le volet des «fondements» qui édifient la liberté
d'expression et «les réserves» auxquels doit impérativement se soumettre le
travail journalistique lorsqu'il traite des affaires pendantes devant les
tribunaux. D'autres interventions des procureurs près des tribunaux de
Constantine et Mila, respectivement M. Boudjemaa Lotfi et Abdelaaziz Boughaba,
seront axées sur la confidentialité des investigations et les précautions dont
il faut se prévaloir pour ne pas toucher à la présomption d'innocence et à la
dignité des personnes. D'autres communicants aborderont des sujets liés au
«crime inhérent à la diffamation» (par le juge d'instruction près le tribunal
de Constantine, El Hadi Hamidene), «crimes liés à l'influence sur le
déroulement de la justice et dévalorisation des décisions de justice» (par le
président du tribunal de Chelghoum Laïd, M. Madani Bouaarroudje), «la cellule
de communication au niveau de la cour et sa relation avec la presse» (par
l'assistant du procureur général près la cour de Constantine, M. Kamel
Kerbouche).