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Selon les nombreuses réactions enregistrées ces derniers temps au sein
des organisations de la société civile à travers la wilaya de Constantine, les
problèmes de l'environnement tiennent en éveil les membres actifs de cette
dernière. Mais pas toujours dans le sens souhaité par les pouvoirs publics qui
ne cessent de lancer des appels à la population lui demandant de se mobiliser
et de prendre très à cœur les questions de l'hygiène et de la propreté de leurs
villes. Evidemment, à l'approche de l'échéance pour le démarrage des festivités
inscrites dans le programme de l'évènement « Constantine, capitale de la
culture arabe 2015 », les opérateurs sont pris de frénésie et ont demandé le
concours actif des organisations civiles à l'effet de mener des campagnes de
sensibilisation des citoyens pour les amener à faire preuve de civisme en
matière d'hygiène et de salubrité au moment où leur grande ville s'apprête à
accueillir des invités qui viendront du monde entier.
Dans ce cadre précis, un débat a été engagé ces derniers jours pour
l'aménagement de nouvelles décharges déstinées à suppléer au déficit qui est
apparu après la fermeture de la décharge du 7ème kilomètre sur la route
Constantine-Ain-Smara et aux problèmes que connaît le centre d'enfouissement
d'El-Haria, très contesté par les riverains. Le premier lieu cité a été,
rappelons-le, fermé après les protestations véhémentes de la population de la
cité Boussouf de Constantine, située sur l'axe de la décharge, qui s'était
plainte des gênes considérables et des maladies provoquées par la fumée dégagée
par les déchets brûlés et qui se répand, poussée par le vent, dans les
habitations. Hier, ce fut au tour des citoyens de la ville de Didouche-Mourad
située au nord de Constantine, sur la route Skikda-Annaba, de monter au créneau
pour proclamer leur refus de l'idée d'implanter une décharge sur le territoire
de leur commune, « comme nous l'avons entendu dire ces derniers jours »,
ont-ils précisé. En effet, des militants d'associations de la société civile
implantées dans cette ville nous ont appelés hier pour nous faire savoir qu'ils
rejettent en bloc une telle éventualité. « Nous avons entendu que le président
de l'APC aurait souscrit aux vœux de certaines autorités au niveau de la
wilaya, qu'il aurait même signé un engagement pour accueillir une décharge sur
le territoire de notre commune pour recevoir les déchets ménagers et les
déchets solides dégagés par plusieurs communes alentour. Il parait même,
ont-ils poursuivi, qu'un terrain a été retenu pour ce sinistre projet. Aussi,
si ces informations inquiétantes se confirment, ont-ils averti, nous
combattrons ce projet de toutes nos forces. La population de Didouche-Mourad
qui a souffert depuis plusieurs années des rejets de la cimenterie de
Hamma-Bouziane, dont plusieurs souffrent toujours de nombreuses maladies
chroniques, ne peuvent supporter de souffrir encore des inconvénients d'une
décharge publique qui viendrait s'implanter dans leurs murs », nous ont affirmé
sans ambages les représentants de ces associations civiles. En ajoutant encore
qu'ils vont manifester dans les jours qui viennent pour dire aux autorités leur
opposition complète à un tel projet. Contacté à ce propos, le président de
l'APC de Didouche-Mourad, M. Boucheham Tahar, a tenu à infirmer de telles
informations qui sont, selon ses dires, dénuées de tout fondement. « Il n'y
aura sur le territoire de la commune de Didouche-Mourad que sa propre décharge
actuelle, qui est d'ailleurs une décharge sauvage », a répondu le maire. Et
d'ajouter qu'il en sera ainsi en attendant, comme prévu, l'entrée en fonction
du centre d'enfouissement technique en construction à Zighoud-Youcef et qui est
conçu pour recevoir le dépôt des déchets des quatre communes de Béni-Hamidène,
Didouche-Mourad, Hamma-Bouziane et Zighoud-Youcef. « Il n'y a jamais eu de
choix de terrain chez nous et je répète qu'il n'a jamais été question de cela.
Aussi, pour ma part, je rejetterai toute proposition ou projet allant dans ce
sens », a déclaré en conclusion M. Boucheham.