Le ministère du
Commerce s'achemine vers une nouvelle loi régissant le commerce extérieur de
marchandises, à l'export comme à l'import. La semaine dernière, le Conseil des
ministres avait examiné et approuvé une légère mais significative reformulation
d'une loi datant de 2003 relative aux modalités d'attribution des licences
d'importation et d'exportation. Globalement, l'ordonnance de 2003 consacre
définitivement la liberté de commerce par les opérateurs algériens agréés,
mais, sans préjudice, toutefois, de certains domaines qui restent protégés par
la loi, notamment l'environnement, les ressources naturelles épuisables ou la
sécurité de la production locale. Dans le nouveau texte adopté en Conseil des
ministres, qui amende et complète l'ordonnance de 2003, il est stipulé que «les
opérations d'importation ou d'exportation de produits se réalisent librement»,
mais ?'sans préjudice des règles relatives à la morale publique, à la sécurité
et ordre public, à la santé des personnes et des animaux, à la faune et à la
flore, à la préservation des végétaux et des ressources biologiques, au
patrimoine historique et culturel et à l'environnement''. Autrement dit, les
opérations de commerce extérieur ne doivent pas porter atteinte à ces
?'exceptions'' énoncées dans le nouveau texte de loi, en particulier le volet
relatif ?' à la sécurité et ordre public''. En outre, le nouveau texte fait
mention de la gestion des exceptions au principe de la liberté des opérations
du commerce extérieur à travers la mise en oeuvre de restrictions quantitatives
ou de contrôle des produits à l'importation ou à l'exportation. D'autres
mesures de restrictions au commerce extérieur dans son volet importation se
rapportent notamment à la protection des ?'ressources naturelles épuisables'',
lorsque ces mesures sont appliquées conjointement avec les restrictions à la
production ou à la consommation. Pour ceux qui ont confectionné ce projet de
loi, qui devrait être soumis au parlement, ces exceptions visent également à
assurer à l'industrie nationale de transformation les quantités essentielles de
matières premières produites sur le marché national, conformément aux règles
prévues par les accords internationaux auxquels l'Algérie est État -partie.
En outre, ce
projet de texte stipule également la mise en place de mesures restrictives pour
«sauvegarder les équilibres financiers extérieurs et l'équilibre du marché»
local ou national. Les autres dispositions de ce nouveau texte portent d'autre
part sur la nature et les formalités des licences ainsi que les «licences
automatiques» et «non automatiques», qu'elles soient d'importation ou
d'exportation. La nouvelle mouture de ces licences est qu'elle est dorénavant
«compatible» aux règles de l'OMC, en ce sens qu'elles veillent à l'équilibre du
marché. Il ne s'agit donc plus des licences d'importation classiques des 70 et
80 lorsque la licence d'importation représentait une autorisation pour
importer. En clair, le ministère du Commerce est en train de mettre les
mécanismes d'adaptation de la législation nationale, dont le fonctionnement du
Commerce extérieur, aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC),
et, surtout, de dépoussiérer les anciens textes de loi régissant le secteur.