Une année, jour
pour jour, après son lancement, le tramway d'Oran a connu sa première grève,
une grève qui couve depuis quelques mois en raison de plusieurs défaillances en
matière de gestion de ressources humaines. Selon un membre du conseil syndical,
cette grève ouverte touche essentiellement trois catégories de personnel, à
savoir les conducteurs, les contrôleurs et les agents de carrefour qui, dans
l'ensemble, dénoncent les conditions de travail «pénibles», ainsi que les
perspectives incertaines en matière d'emploi. Pourtant, sur ce plan, une
promesse a été donnée par la direction de Setram Algérie de maintenir les
effectifs jusqu'à la conclusion de la convention collective qui sera mise en
œuvre après la convention de branche, nous précise notre interlocuteur,
ajoutant que «cet engagement n'a pas été respecté et 7 agents de sécurité ont
vu leurs contrats de travail non renouvelés». Cet épisode a fait réagir le
reste du personnel recruté sous contrat à durée déterminée (CDD) qui considère
que cette précarité dans l'emploi leur fait craindre le pire à l'avenir.
Concernant les conducteurs, le représentant syndical précise que la durée du
trajet varie entre 4 et 5 heures pour 4 navettes entre Sidi Maarouf et
Es-Sénia, une durée jugée intenable eu égard aux caractéristiques du tracé qui
traverse l'agglomération d'Oran avec une multitude de carrefours et
d'intersections avec la circulation automobile d'où l'obligation de rester
vigilant. Sur ce plan, les conducteurs ne réclament pas la réduction de ce
temps de travail, mais annoncent leur refus de l'augmenter tel que préconisé
par la direction. Concernant les autres catégories, la revendication première
demeure d'appliquer la même organisation que celle de leurs collègues d'Alger,
étant donné qu'ils appartiennent à la même entreprise. Selon le syndicaliste,
les agents de carrefour d'Oran travaillent 6 jours pour ne se reposer qu'une
journée, alors que ceux du tramway d'Alger bénéficient de deux jours de repos
pour 4 jours d'activités. Ce «deux poids et deux mesures» est perçu comme une
forme de discrimination, souligne le syndicaliste. Un autre point figure sur la
plateforme des revendications, à savoir les kiosques de vente de tickets, qui,
selon notre source, était une alternative provisoire, vu que ces espaces ne
répondent pas aux normes de travail. Or, l'entreprise n'a rien fait pour
remplacer ces kiosques en allant progressivement vers des distributeurs
automatiques. Le syndicaliste précise que pour ne pas pénaliser les usagers du
tramway, un service minimum a été respecté avec la mise en circulation de deux
rames dans chaque sens de la desserte Sidi Maarouf-Es-Sénia et que les
grévistes ne comptent nullement prendre en otage les milliers d'usagers qui
empruntent quotidiennement ce mode de transport urbain. Ils espèrent que les
négociations qui sont actuellement en cours aboutissent à des réponses
concrètes et convaincantes aux doléances des grévistes. Sur ce plan, le
syndicaliste précise que le directeur des transports et un représentant de
Setram Algérie ont déjà pris langue avec le syndicat dans le but de désamorcer
la crise. Du côté des usagers, durant la journée de jeudi, une journée fériée,
grande fut leur surprise en restant plantés aux différents arrêts durant un
temps inhabituel et estiment que les grévistes auraient dû annoncer leur mouvement.