
Le monoxyde de
carbone tue, son bilan ne cesse de grimper, depuis le début de la saison
hivernale et les derniers, en date, à succomber par asphyxie sont un père et
ses deux enfants, dans la localité de Medjdel, à M'sila. Quotidiennement les
éléments de la Protection civile sont appelés pour des évacuations, mais,
hélas, neuf fois sur dix, ils ne font que constater des décès, car comme le
signal un pompier, généralement c'est au petit matin que l'alerte est donnée,
«le tueur» avait déjà agi, le monoxyde de carbone est passé par là, incolore,
inodore et perfide. Depuis le début de l'année, le bilan de la Protection
civile fait ressortir sept morts.
Cette situation
grave a contraint les services de Sonelgaz de Boumerdes à organiser des
journées d'information et de sensibilisation pour faire face à ce fléau.
Plusieurs partenaires étaient présents pour mieux cerner les dangers qui
guettent, chaque famille, surtout que la couverture en gaz naturel, auprès des
foyers, est appelée à augmenter dans les mois et années à venir car elle reste
très en-deçà des attentes du consommateur puisqu'elle ne couvre que 29% du
territoire de la wilaya de Boumerdès, l'une des plus faibles dans le territoire
national, reconnaissait le ministre de l'Energie, lors de son dernier passage,
à Boumerdès. Les causes se rapportent à une situation sécuritaire qui a fait
fuir les entreprises spécialisées, durant deux décennies mais, qui commence à
s'améliorer, selon M. Abbas, wali de Boumerdès. Il faut instaurer une culture
de prévention chez le citoyen et les intervenants, affirme un cadre de
Sonelgaz, car plus de 80% des accidents d'asphyxie au monoxyde de carbone sont
dus au mauvais fonctionnement des appareils de chauffage, ou à leur mauvaise
qualité qui ne répond pas aux normes et qui, hélas, ont envahi le marché
national. Pour leur part des citoyens présents, lors de cette journée de
sensibilisation reconnaissent qu'ils sont plus attirés par le prix des produits
que par sa qualité, avançant au passage que, normalement, ces produits s'ils
sont exposés à la vente c'est que les services de contrôle de la qualité et des
prix leur ont octroyé les certificats de conformité. Pour les contrôleurs
de la DCP de Boumerdès, leur intervention est quasi quotidienne ciblant, en
cette période de froid les appareils et accessoires de chauffage, car selon
eux, le chauffage n'est pas le seul incriminé, il y a, aussi, les accessoires,
tels les régulateurs, les détenteurs mais aussi les colliers qui échappent,
parfois, au contrôle. Même « la tabouna » reste un danger, surtout dans les
zones où elle est utilisée pour la cuisson mais, aussi, le soir pour se
chauffer. Les éléments de la DCP ont bloqué 12 containers au port sec de Khemis
El Khechna, les produits sont en attente de certificats de conformité. C'est
ainsi qu'on conseille aux utilisateurs d'exiger des produits de qualité mais
surtout d'acheter local où la traçabilité du produit est facile, en cas de
problème. Beaucoup de conseils et d'orientations ont permis aux présents
d'avoir une idée sur le danger généré par ces appareils, car on n'achète pas un
chauffage comme on achète un réfrigérateur ou un téléviseur, à cet effet on
parle aussi d'installation de détecteurs de monoxyde de carbone qui restent
très peu utilisés ou même ignorés chez nous. Aujourd'hui le consommateur n'est
pas le seul responsable. Le Commerce, les Douanes, la Santé et les
collectivités locales doivent revoir beaucoup de choses, afin d'éviter
d'endeuiller davantage de familles car sensibiliser c'est bien mais se
conformer aux normes c'est beaucoup mieux.