Après avoir
attendu, vainement, l'intervention des services concernés, les habitants de la
cité des 350 logements à Maraval (La Glacière) viennent de lancer un appel en
direction des responsables de la wilaya d'Oran pour intervenir et mettre un
terme au calvaire qu'ils endurent depuis plus d'une décennie. Outre la
dégradation du cadre de vie, c'est surtout le phénomène de la prolifération des
chiens errants qui inquiète les parents, contraints d'accompagner
quotidiennement leurs enfants à l'école, de crainte d'une attaque. Dans cette
cité qui compte plusieurs milliers d'habitants une meute d'une quinzaine de
chiens s'est installée en maître dans le parc de véhicules de la cité et
n'hésite plus à s'attaquer à tous ceux qui osent s'aventurer sur son
«territoire». Ainsi, il est devenu quasi impossible pour un parent d'envoyer
son enfant pour les courses quotidiennes chez les commerçants mitoyens, car la
menace d'une attaque est omniprésente. Les services concernés ont été à maintes
reprises alertés par les habitants sur les dangers qui guettent leurs enfants,
mais jusqu'au jour d'aujourd'hui aucune disposition n'a été prise. « Nos
enfants se font attaquer régulièrement pas ces chiens, et personne n'ose
intervenir. Pourtant il existe bel et bien une fourrière canine et un service
chargé de la capture», indique un habitant en colère. Quelques tentatives de
capture des chiens ont eu lieu par le passé, mais sans succès. «Ces chiens ont
même creusé des tanières et les femelles ont mis bas six chiots, c'est la
jungle, ici», s'emporte un vieil habitant de la cité. A la cité des 350
logements Maraval, outre les chiens et les chats errants, l'insalubrité, les voies
détériorées, l'absence totale d'espaces verts et de jeux pour enfants, entre
autres, sont le lot quotidien des centaines de familles qui habitent cette cité
laissée en marge du développement. Pourtant, toutes les cités mitoyennes ont
été prises en charge et d'importants travaux d'aménagement de voirie et de
réalisation d'espaces verts sont actuellement en cours. « C'est à croire que
nous sommes des habitants de deuxième ou troisième catégorie. Sinon, comment
expliquer que toutes les cités situées à proximité sont en cours de
réhabilitation, au moment même où notre cité croule sous les ordures. Le plus
grave c'est le fait de constater que des travaux de bitumage engagés l'année
dernière, s'arrêtent juste à l'entrée de notre cité», affirme un habitant. Pourtant,
les autorités concernées ont été interpellées à maintes reprises, mais rien n'a
été fait. Outre cette panoplie de problèmes, les habitants tiennent à dénoncer
l'absence totale de ralentisseurs sur l'axe menant de la place de la Glacière
vers Ain el-Beida. Ce grand boulevard très fréquenté par les automobilistes et
les bus, constitue un danger permanent pour les enfants de la cité. «Il y a
quelques mois les ralentisseurs ont été enlevés à l'occasion d'une visite d'un
haut responsable, malheureusement, depuis, les responsables de la commune n'ont
pas procédé à leur remplacement. Nos enfants ne peuvent plus traverser sans
être accompagnés par des adultes», assure un autre habitant. Face au laxisme
des services concernés, les habitants de la cité ont décidé d'interpeller
directement le wali d'Oran. «Lors de sa dernière visite au niveau du quartier,
tout a été fait pour lui éviter d'entrer à la cité. Le wali n'a en fait visité
que le nouveau stade «City Stade» fraîchement réalisé. Nous l'invitons à nous
rendre visite pour constater de visu dans quelles conditions nous vivons. En
tous les cas, nous ne cesserons pas de dénoncer cet état de fait jusqu'à ce que
des dispositions soient prises pour mettre un terme à notre calvaire», assurent
les habitants de la cité.