|
![]() ![]() ![]() Placés sous la tutelle du ministère de la Défense: Les gardes communaux n'ont plus le droit de grève
par Moncef Wafi ![]() La garde communale ne dépend plus du ministère de l'Intérieur, placée
sous la tutelle du ministère de la
Défense nationale, selon un décret présidentiel publié le 26
mai au Journal officiel. Le Journal officiel n°44, du 2 août 2011, précise, quant
à lui, les dispositions particulières applicables aux personnels de la garde, à
travers le décret présidentiel n°11-265, où il est fait mention des droits, obligations
et régimes disciplinaires, entre autres, inhérents à l'exercice de leur
fonction. La garde communale, créée en 1994 pour appuyer les forces de sécurité
contre les groupes terroristes dans les zones rurales, compte actuellement plus
de 90 000 éléments. Au chapitre des «dispositions générales», on apprendra que
les désormais ex-gardes communaux relèvent du régime de la contractualisation
et sont soumis aux mêmes dispositions que celles des travailleurs salariés pour
la retraite et la sécurité sociale tout en restant affiliés aux caisses dont
ils relèvent. Au chapitre des «droits» et outre le volet de la couverture
sociale, les personnels de la garde décédés dans l'exercice de leurs fonctions,
lutte contre le terrorisme et la subversion, sont promus à titre posthume au
grade supérieur alors que leurs ayants droit bénéficient d'un capital décès
conformément aux textes en vigueur. A l'article 10 de ce chapitre, il est
mentionné que les personnels de la garde et leurs familles bénéficient de soins
médicaux au sein des structures de santé militaires. Par ailleurs, l'Etat les
protège contre les menaces, outrages ou injures dont ils peuvent faire l'objet
et tout contrevenant à cet article peut être poursuivi en justice. Au chapitre
des «obligations», l'article 20 interdit aux personnels de la garde les grèves,
les rassemblements non réglementaires ainsi que l'adhésion à des associations à
caractère politique, syndical ou professionnel. Ce texte dresse un mur aux
revendications des ex-gardes communaux comme ce fut le cas en avril dernier où
des milliers d'entre eux ont investi Alger pour revendiquer leurs droits. A
l'époque, le ministre de l'Intérieur, Daho Ould Kablia, les avait menacés de
sanctions pour avoir recouru à la grève. «Il est formellement interdit aux
gardes communaux de recourir à la grève ou à toute forme d'arrêt de travail et
que tout acte collectif contraire à l'ordre fera l'objet de sanctions
conformément aux dispositions de l'article 112 du code pénal, en tenant compte
des peines contenues dans la législation et le règlement en vigueur ainsi que
les dispositions statutaires», avait indiqué le communiqué du ministère de
l'Intérieur. Le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales avait
procédé, le 10 mars 2011, à l'installation d'un groupe de travail chargé de
l'examen des questions socioprofessionnelles des gardes communaux, contenues
dans la plateforme de revendications en 14 points. Il a été décidé, à l'issue
des travaux de ce groupe, «l'augmentation de la prime de rendement de 20 % à 30
% calculée sur la base du nouveau salaire» et «la bonification des taux actuels
(25 %, 30 % et 35 %) de la prime de risque et d'astreinte de 10 %, soit 35 %, 40
% et 45 % calculée sur la base du nouveau salaire», a indiqué le communiqué. Toujours
au chapitre des «obligations», et concernant le régime disciplinaire, tout
manquement aux obligations professionnelles, toute atteinte caractérisée à la
discipline ou toute faute professionnelle exposent
leurs auteurs à une sanction disciplinaire classée en quatre degrés dont la
dernière ouvre la porte au licenciement.
|
|