Ils sont environ 150 ressortissants algériens originaires d'Oran à avoir
été rapatriés de Libye suite aux troubles ayant éclaté dans ce pays frontalier.
Presque tous les jours, ils se rassemblement devant le siège de la wilaya
d'Oran pour exiger l'application des «promesses» qui leur ont été données par
les autorités algériennes, à la veille de leur rapatriement au pays en février
dernier. Sans ressources ni domicile fixe, ils disent attendre toujours «un
geste de considération» de la part des autorités. La désillusion a pris le
relais de l'euphorie de la délivrance chez les nombreux rapatriés de Libye qui,
pour la plupart, étaient installés en Libye depuis de
nombreuses années. L'inquiétude et la peur du lendemain incertain pèsent sur
eux chaque jour, un peu plus. «C'est difficile d'arriver dans un pays après
avoir tout perdu, même si ce pays est le vôtre,» affirment-ils. «Nous sommes
complètement perdus. Nous sommes des sinistrés, crient-ils. Sans travail, ni
domicile, on est comme des nomades. Nos enfants ne vont plus à l'école. Et tout
ce qu'on a bâti, au prix de plusieurs années de labeur, est parti dans le vent.
Nous sommes arrivés les mains vides.» Et de rappeler : «après que la crise en
Libye soit arrivée au point de rupture, notre ministre des Affaires étrangères
nous avait assurés du soutien total de la part de l'Etat algérien. Votre mère
patrie ne renie jamais ses enfants. Votre pays vous attend, vous serez pris en
charge», nous avait-on assuré. Mais deux mois après ce «retour forcé» au pays, nous
sommes toujours en train «de quémander» cette prise en charge qui nous a été
promise. On a des échos des rapatriés des autres wilayas. Et on sait qu'ils ont
bénéficié de plusieurs types d'aide de la part des autorités locales, particulièrement
les rapatriés ayant des enfants à leur charge. Ce n'est malheureusement pas le
cas à Oran, où on ne nous donne, pour le moment que des promesses, encore des
promesses, sans aucune démarche concrète.» «On a demandé à rencontrer le wali
sans succès. On doute fort qu'il ait été mis au courant de notre situation. C'est
pourquoi on lui lance un appel solennel à agir car cela relève de la
crédibilité de l'Etat algérien. Si notre pays ne peut rien faire pour nous. Qu'on
nous le dise franchement. On pourra toujours revenir d'où nous sommes venus. Certes
là-bas, il y a la guerre, mais on a au moins un domicile et surtout une
dignité», déplorent-ils. Jusqu'au début du mois de mars dernier, 3.800
ressortissants algériens avaient été, pour rappel, rapatriés de Libye. Les
Algériens qui étaient établis en Lybie sont de près
de 8.000.