« Souvent, le
départ est chargé d'émotion. Je ne voudrais pas m'étaler sur ce type de
sentiment, je préfère plutôt vous parler d'un autre sentiment: celui du devoir
accompli», à dit lundi soir M. Abdelmalek Boudiaf, en commençant un discours
qu'il n'a pas pu poursuivre, la gorge nouée par l'émotion. Au cours d'une
cérémonie organisée au nouveau siège de la wilaya à la cité Daksi, le désormais
ex-wali de Constantine a reçu des marques de reconnaissance, voire d'affection,
qui lui ont été témoignées par tout ce que la wilaya de Constantine compte de
représentants au niveau officiel et civil: élus, exécutif, société civile,
notables, artistes, journalistes, etc. M. Boudiaf, qui quitte la capitale de
l'Est pour une autre mission dans la capitale de l'Ouest, a été empêché par
l'émotion de lire ce bref discours dans lequel il a voulu rappeler quelques
points saillants de ce qu'il a accompli à Constantine.
Dans ce document
écrit dont une copie à été remise aux journalistes, M. Boudiaf a révélé, en
effet, que ses premiers objectifs en venant à Constantine, animé d'une volonté
d'agir, étaient de mettre à niveau la ville et d'engager de grands projets
structurants. Selon son appréciation, le problème de Constantine, c'est le
problème de tout le pays. Plus loin, Boudiaf dira qu'il avait découvert que
«Constantine était une ville historique, mais elle n'était pas ambitieuse». A
l'évidence, c'est une sentence qui fera réfléchir les citoyens d'une ville où,
ajoutera l'ex-chef de l'exécutif de la wilaya, «c'est toujours l'Etat qui, à
travers les programmes, les instruments de planification, veut faire de
Constantine une capitale régionale». Il conclura: «Aujourd'hui, je vous laisse
un projet de modernisation qui définit une vision future de Constantine. Il
définit les objectifs et les principes de cette modernisation?» Hier matin, ce
fut autour du maire et des élus communaux d'offrir une réception d'adieu à M.
Boudiaf, au siège de la mairie.