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Un mouvement attendu mais plus large que prévu

par Kharroubi Habib

Le mouvement dans le corps des walis, rendu public jeudi dans la soirée par les services de la Présidence, n'a pas surpris outre mesure car attendu depuis pas mal de temps par une opinion préparée à son imminence par les annonces récurrentes faites sur le sujet par la presse nationale.

En revanche, il a frappé par son ampleur, car ce ne sont pas moins de quarante wilayas, sur les quarante-huit que compte le pays, qui auront désormais un nouveau responsable à leur tête. L'opération a consisté en la mise de fin de fonction pour 11 walis en exercice, la mutation pour 28 et la promotion de 12 nouveaux.

Le mouvement aurait, selon nos sources, été fin prêt du temps où Nourredine Yazid Zerhouni détenait encore le portefeuille de I'Intérieur. Mais Bouteflika en a différé la divulgation pour permettre au successeur de celui-ci d'y apporter des correctifs à sa convenance aux choix en hommes fait par son prédécesseur.

De fait, il apparaît pour les connaisseurs des arcanes du pouvoir que certains walis, ayant fait l'objet de mise fin à leur fonction, de mutation ou de promotion, n'auraient pas été concernés dans la mouture du mouvement préparé par Zerhouni. Il est prétendu dans ce milieu que parmi les walis auxquels il a été mis fin aux fonctions, se trouvent des proches de l'ex-ministre de l'Intérieur qui seraient restés à leurs postes, ou du moins dans le corps, n'eût été le remaniement ministériel qui a vu l'arrivée de Daho Ould Kablia en lieu et place de Yazid Zerhouni.

Globalement toutefois, le mouvement opéré donne à comprendre que le Président est satisfait de la façon de servir de la majorité des walis en place, puisque seuls onze d'entre eux ont été sanctionnés par la mise fin à leur mission. L'on remarquera également qu'il n'a pas donné lieu à la promotion de l'élément féminin dans les corps des walis, qui ne restera représenté que par la seule Madame Zerhouni Nouria Yamina, mutée de la wilaya de Mostaganem à celle de Aïn Témouchent. L'on retiendra que le mouvement est intervenu après que le chef de l'Etat en a fini avec les auditions des ministres, lesquels ont très certainement contribué, par leurs appréciations sur la façon de gérer par les walis en poste les opérations et chantiers que leurs secteurs ont initiés dans leurs wilayas respectives, à forger la décision présidentielle concernant ces derniers.

A part donc les huit wilayas dont les responsables d'exécutif ont été maintenus en place, toutes les autres voient l'arrivée de nouveaux à un moment où a démarré le grand plan quinquennal de développement.

Certainement qu'à travers le mouvement, Bouteflika escompte avoir ainsi insufflé du dynamisme dans sa prise en charge au niveau des wilayas. Car il est connu que tout nouveau responsable est animé de l'intention de démontrer qu'il peut mieux faire que son prédécesseur.

Ce mouvement met fin en tout cas à l'attentisme dans lequel ont été plongées les administrations de wilaya par l'incertitude qui planait en leur sein sur le sort de leurs premiers responsables.