Malgré les appels incessants et la menace quasi permanente d'un
effondrement, les 18 familles habitant l'immeuble sis au 36 rue Mhenni Brahim
(ex-Provis Dupuis) dans le quartier de St Antoine, attendent toujours une
visite de la commission de relogement, avec l'espoir de quitter un jour ce qui
reste de cet immeuble. Ces familles qui se sentent aujourd'hui abandonnées de
tous n'ont d'autre recours que d'adresser un ultime SOS au wali d'Oran. «C'est
notre ultime recours, car aucun responsable n'a daigné nous rendre visite et
constater de visu dans quelles conditions nous vivons», assure Saïd, le
représentant des familles. Ce dernier, dont la famille habite l'immeuble depuis
plus de soixante ans, assure que la majeure partie des locataires habite les
lieux depuis au moins cinq décennies. Connus dans ce quartier (Montanica), l'un
des anciens quartiers de la ville, les occupants de l'immeuble ont, à maintes
reprises, sollicité l'intervention des services concernés, mais n'ont toujours
pas bénéficié d'un logement décent. Sur place, nous avons effectivement
constaté que l'immeuble en question présente un grand danger pour ses
occupants. «A chaque forte précipitation ou lors des fortes ravales de vent,
nous sommes contraints de fuir les lieux pour ne pas risquer de nous retrouver
sous les décombres», assure notre interlocuteur qui occupe un deux-pièces qu'il
partage avec sa famille nombreuse. Avec des plafonds partiellement effondrés,
des murs et des escaliers lézardés, la bâtisse qui date de l'ère coloniale a
fait l'objet d'une expertise des services compétents. «Effectivement, le
constat est alarmant et l'immeuble doit en principe être désaffecté.
Les services concernés n'ont qu'à
effectuer une visite et décider si nous méritons ou pas d'être relogés», ajoute
le même interlocuteur. Ce dernier se demande d'ailleurs pourquoi dans d'autres
quartiers populaires les opérations de relogement se succèdent alors que pour
le quartier de St Antoine, l'un des plus vieux quartiers de la ville, des
centaines de familles vivent toujours sous la menace des effondrements. «Nous
espérons que notre appel soit entendu par le premier responsable de la wilaya
pour que les services concernés puissent se pencher sérieusement sur notre
cas», conclut le représentant des familles.