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Le tribunal administratif d'Oran sera installé dans une quinzaine de
jours. C'est ce qu'a annoncé le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb
Belaïz, en marge de la cérémonie d'installation du tribunal d'Alger, qui a eu
lieu jeudi. Voilà qui marque l'épilogue d'une longue période d'attente ponctuée
par une série de reports, en fait depuis l'annonce en fin d'année écoulée, de
l'installation de dix tribunaux administratifs à l'échelle nationale comme
première phase d'un processus concernant l'ensemble des cours du pays, au
nombre de 36 actuellement. Interrogé lundi dernier à ce sujet, le président de
la Cour d'Oran, Medjati Ahmed, avait confirmé que tout était prêt, sur les
plans de la structure, de l'équipement et du personnel, en vue de la mise en
service du tribunal administratif d'Oran. Il ne manquait en fait que le coup
d'envoi du ministère, la cour d'Oran n'ayant reçu jusque-là aucune note
officielle en ce sens. La structure abritant la nouvelle juridiction, à savoir
l'ex-tribunal d'Es-Seddikia qui a été réaménagé et rééquipé pour la
circonstance, est achevée à 100% depuis plusieurs semaines déjà, comme l'avait
affirmé dernièrement le procureur général de la cour d'Oran, Sâadallah Bahri.
L'équipe de bord, tous corps confondus, était aussi composée, du moins sur
papier, puisqu'il restait encore l'aval du ministère des propositions faites par
la cour concernant les postes de magistrats conformément aux procédures en
vigueur. S'agissant des magistrats nommés aux postes du président et du
commissaire d'Etat auprès le tribunal administratif, cela est du ressort
exclusif du ministère de la Justice, précise-t-on. Il n'est pas exclu que le
ministère opte à cet effet pour des magistrats du Conseil d'Etat, c'est-à-dire
des éléments de longue expérience et rompu à la pratique dans ce créneau
judiciaire, et ce, comme mesure justifiée par cette phase de démarrage. Il
importe de rappeler que les tribunaux administratifs seront installés en vertu
de la nouvelle législation administrative qui dissout les chambres
administratives relevant des cours de Justice (Oran avait, de surcroît, cette
particularité qu'elle abritait une chambre régionale, c'est-à-dire chapeautant
plusieurs cours de la région Ouest) et les remplace par des tribunaux
administratifs conformément à l'article 1064, lequel abroge les dispositions du
Code de procédure civile promulgué en 1966. En son article 800, le Code de
procédure civile et administrative, promulgué en 2008 et entré en vigueur en
février 2009, définit les compétences des tribunaux administratifs les
qualifiant de «juridictions de droit commun en matière de contentieux administratif».
Les tribunaux administratifs connaissent, en premier ressort et à charge
d'appel, de toutes les affaires où est partie l'Etat, la wilaya, la commune ou
un établissement public à caractère administratif. Ils statuent sur le recours
en annulation de décisions administratives et d'interprétation et le recours en
examen de la légalité des décisions émanant de la wilaya, de la commune ou de
l'institution publique administrative.