
C'est
l'année du cochon. Cochons-la au risque de
l'oublier. C'est le branle-bas de combat partout. On ne parle plus que de ça.
Depuis, on redécouvre l'hygiène. Il faut se laver les mains. Autant de fois
qu'il est nécessaire. La nadafa entre en classe. Il est vrai que pendant belle
lurette elle avait fait l'école buissonnière. «Vous comprenez maintenant
pourquoi notre religion nous interdit le khinzir». Car cette grippe nous vient
du cochon. Elle était au départ mexicaine mais les descendants de Zapata on
refusé de donner leur nom à cette maladie. L'Organisation mondiale de la santé
s'y est mise et c'est la pandémie. Les labos travaillent d'arrache-pied. Il
faut des médicaments et des vaccins. C'est un peu comme créer une guerre pour
booster l'industrie de l'armement. La bonne affaire. Le cochon vient au secours
de la crise économique. Est-ce une guerre biologique qui ne dit pas son nom ?
Notre ministère de la Santé n'a jamais autant communiqué. La fièvre des
chiffres. Ce qui aurait été mieux c'est qu'il nous donne les statistiques des
victimes de la fièvre saisonnière et le nombre de victime qu'elle fait pendant
cette même période de fièvre porcine. Mais c'est trop lui demander quand on
sait qu'une tisane de zaatar peut remettre sur pied un patient. «Koulou tchina
ya ness, c'est mieux que n'importe quel vaccin». Oui mais c'est compter sans
les immenses intérêts qui sont en jeu. Du coup, les commerces se mettent au
goût et besoin du jour. Gels hydroalcooliques, savon liquide «saboune maya
inadaf ghaya», masques de protection (les femmes en hijab en ont-elle besoin?),
mouchoir jetables pour morveux en mal de vie. Ruée sur l'automédication. Roubla
kbira. Rabbi settar. Tôt ou tard, la vérité, on la saura... qui se rappelle de
la campagne contre la grippe aviaire ? Ouine le poulet ne valait plus un sou ?
La vache folle qui a enragé les producteurs de begri... C'est la quatrième
Guerre mondiale...