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Avatars économiques

par Mahrez Ilias

La loi de finances complémentaire (LFC) pour 2009 n'en finit pas de faire jaser. Autant les opérateurs, c'est-à-dire les industriels, que les milieux patronaux. Elle serait très coercitive, sur le plan fiscal, pour les grands opérateurs économiques nationaux, alors que pour les partenaires étrangers, elle serait un véritable boulet de canon contre les désirs des étrangers de venir investir en Algérie. Mais, avec les contribuables, la LFC a été un peu plus assommante puisqu'elle a supprimé d'un coup le crédit à la consommation, notamment pour un certain nombre de produits, dont l'automobile. Du coup, les Algériens ne peuvent plus emprunter pour rembourser des prêts, ni acheter à crédit une voiture ou des meubles, encore moins pour s'offrir des vacances en Tunisie.

 Cette disposition de la loi de finances complémentaire aura en fait des effets un peu plus dévastateurs qui commencent juste à être aperçus, sinon ressentis. La suppression du crédit automobile, même sous forme de leasing, a du coup stoppé net les ventes d'automobiles neuves et les concessionnaires ne savent plus où donner de la tête pour sauver ce qui peut l'être. Mais, au-delà, ce sont des centaines de travailleurs, ceux notamment des showrooms et des points de vente et de maintenance des concessionnaires automobiles qui risquent de perdre leurs emplois.

 La loi de finances complémentaire pour terminer le second semestre 2009 aura laissé des séquelles dans le tissu social algérien déjà fragilisé par un ralentissement généralisé de l'économie nationale. En dépit des 144 milliards et des poussières de dollars de réserves de change ; en dépit de nouvelles découvertes de pétrole ; en dépit d'un brut à plus de 70 dollars le baril. Et, quand les opérateurs seront touchés dans leurs réserves financières sous forme d'impôts, de redressements fiscaux ou de nouvelles taxes, c'est généralement le smicard algérien qui paiera la «sauce» sous forme de hausse quasi brutale des prix des produits de large consommation, des services et ceux industriels. Et, quand le ministre des Finances décide d'augmenter une taxe quelconque, lui, directement ou indirectement, sera-t-il touché par les effets pervers sociaux ou économiques de cette décision ?

 Par contre, elle aura un effet boule de neige sur le tissu social, comme par exemple cette taxe de 5% pour les opérateurs de téléphonie mobile qui a été immédiatement répercutée sur les consommateurs. Merci, l'ARPT ! M'enfin, pourquoi cette LFC 2009 n'a-t-elle pas été saluée par tous ? Est-ce parce que la tomate, en pleine saison de production, et malgré les assurances du ministère de l'Agriculture, avoisine les 60 DA/kg ? La LFC, c'est tous les avatars et l'anachronisme de l'économie algérienne qui misérabilisent chaque jour un peu plus des milliers de nos concitoyens.