
Dans les relations internationales, seuls les intérêts
priment. Une vérité qui colle parfaitement aux récentes déclarations du chef de
la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, quand il a martelé sur la chaîne de
télévision RT que «nous avons un proverbe qui dit : ils ne se sont pas attaqués
à la bonne personne. Le peuple algérien n'est pas du genre à se laisser dicter
ses positions. Il ne faut pas s'attendre à ce que les Algériens exécutent, sur
un simple claquement de mains, des orientations venant d'outre-Atlantique et
qui ne sont pas en conformité avec leurs intérêts nationaux ». Bien évidemment,
l'Algérie, très fière de son indépendance et de sa souveraineté, n'est pas du
genre à se laisser dicter ses positions, ni de l'Ouest ni de l'Est, mais le
message du chef de la diplomatie russe est clairement adressé aux Américains.
Est-ce à cause des 27 parlementaires américains qui
tentent, depuis septembre 2022, de faire pression sur le Secrétaire d'Etat
Antony Blinken, pour l'amener à décider de sanctions
contre l'Algérie à cause de sa coopération avec la Russie, notamment en matière
d'achat d'armes, jugé comme un soutien financier à l'effort de guerre de la
Russie contre l'Ukraine ? Plusieurs observateurs donnent cette explication à la
sortie du chef de la diplomatie russe. Mais, tant que cette déclaration
intervient quelques cinq mois après la signature de la pétition par les 27
parlementaires américains, à travers laquelle il est demandé au Secrétaire
d'Etat de prendre des sanctions contre l'Algérie, à cause de sa coopération
avec Moscou, on ne peut que s'interroger sur toute cette lenteur au déclic.
Durant cinq mois bien des évènements sont venus s'incruster dans le décor,
incitant le chef de la diplomatie russe à réagir de la sorte et asséner sa
vérité à la face de ceux qui cherchent à détourner l'Algérie de ses positions.
Comme on peut le constater dans ses propres déclarations, où il souligne que
«l'Algérie, comme la majorité des pays, est un État qui se respecte et qui
respecte son histoire et ses intérêts, sur lesquels est basée sa politique»,
tout en relevant que l'Algérie «figure, par toutes ses qualités, parmi les
leaders des prétendants » à adhérer aux BRICS. Et, cela ne peut être qu'une
réponse à l'intense activité diplomatique déployée par les Occidentaux et les
Américains à l'égard de l'Algérie. Le bal diplomatique, où Italiens, Français
et Américains ont fait d'Alger une halte principale, pourrait laisser croire
que l'Algérie a changé ses positions. D'où la réponse du chef de la diplomatie
russe, qui a laissé entendre qu'il ne faut pas se berner à ce sujet. Ne pas manquer
également de rappeler dans ce contexte les déclarations du Président Tebboune, qui a clairement expliqué que la Russie et
l'Algérie sont liées par une longue amitié, idem pour l'Algérie et la Chine,
mais cela n'empêche pas d'avoir de bonnes relations avec les Etats-Unis et
d'autres pays occidentaux. Realpolitik du non-alignement.